Home SantéUne étude révèle les effets nocifs des tatouages ​​sur le système immunitaire

Une étude révèle les effets nocifs des tatouages ​​sur le système immunitaire

by Sophie Martin

Publié le 26 avril 2024 à 14h27. Une étude suisse révèle que les tatouages pourraient affaiblir le système immunitaire en provoquant une inflammation chronique dans les ganglions lymphatiques, augmentant potentiellement la vulnérabilité aux infections et à certains cancers.

  • L’encre de tatouage ne reste pas confinée à la peau, mais migre rapidement vers le système lymphatique.
  • Les macrophages, des cellules immunitaires, capturent les pigments, déclenchant une réponse inflammatoire prolongée.
  • Les encres rouge et noire semblent être les plus problématiques, mais l’étude a également porté sur l’encre verte.

Des chercheurs de l’Université de Suisse italienne (Istituto di Ricerca Biomedica, IRB) ont mis en évidence les effets potentiellement néfastes des tatouages sur le système immunitaire. Leurs travaux, publiés dans la revue américaine Proceedings of the National Academy of Sciences, démontrent que l’encre de tatouage ne se limite pas à une simple coloration de la peau.

L’étude, menée sur une période de sept ans avec la participation de 12 groupes de recherche internationaux et financée par plusieurs organisations suisses, a révélé que l’encre se propage rapidement au système lymphatique après le tatouage. En quelques heures, elle s’accumule en grande quantité dans les ganglions lymphatiques, des organes essentiels à la défense de l’organisme.

« À l’intérieur des ganglions, des cellules immunitaires appelées macrophages capturent activement tous les pigments, déclenchant une réponse inflammatoire en deux phases », explique l’université suisse dans un communiqué. Si la première phase, aiguë, ne dure qu’environ deux jours, une phase chronique, qui peut s’étendre sur des années, survient ensuite. Cette phase est particulièrement préoccupante car elle affaiblit le système immunitaire, augmentant potentiellement la susceptibilité aux infections et au cancer.

Les chercheurs ont constaté que les macrophages sont incapables de décomposer l’encre de la même manière qu’ils le font avec d’autres agents pathogènes, ce qui conduit à leur mort. Ce processus maintient l’encre dans les ganglions lymphatiques, créant un cycle continu de capture et de destruction cellulaire qui affecte progressivement la capacité de défense immunitaire.

L’étude a également révélé que les encres rouge et noire posent des problèmes particuliers, suggérant qu’elles pourraient être plus toxiques. Ces deux couleurs, ainsi que le vert, ont été au centre de l’étude car elles sont les plus fréquemment utilisées dans les tatouages.

Pour évaluer l’impact des tatouages sur la réponse immunitaire, les chercheurs ont réalisé une expérience consistant à vacciner des souris de laboratoire, certaines tatouées et d’autres non. Les résultats ont montré que les souris tatouées développaient moins d’anticorps que les souris non tatouées, ce qui confirme l’affaiblissement du système immunitaire.

Ces découvertes « suscitent des inquiétudes quant à la sécurité des tatouages », souligne l’université suisse, rappelant qu’environ une personne sur cinq dans le monde possède au moins un tatouage.

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