Publié le 13 février 2025. Contre toute attente, Mercure, la planète la plus proche du Soleil, s’avère également être la planète la plus souvent la plus proche de toutes les autres, y compris la Terre et même Neptune, selon une analyse approfondie menée par des ingénieurs de la NASA et de l’armée américaine.
- Mercure est plus souvent la planète la plus proche de la Terre que Vénus ou Mars.
- Cette découverte est le fruit de simulations informatiques sur 10 000 ans.
- Mercure est également la planète la plus proche de Neptune en moyenne.
Longtemps considérée comme la plus proche voisine de notre planète, Vénus voit son statut remis en question par ces nouvelles données. Les chercheurs de l’Observatoire national de Los Alamos et du Centre de recherche et de développement des ingénieurs de l’armée américaine ont démontré que, si Vénus se rapproche davantage de la Terre à certains moments de ses orbites, Mercure détient la palme sur le long terme.
L’erreur commune, expliquent les scientifiques, réside dans la méthode de calcul utilisée. La plupart des estimations se basent sur la distance minimale entre les planètes, un instantané ponctuel. Or, en calculant la position moyenne des planètes tout au long de leur orbite, le résultat change radicalement : Mercure se révèle être le plus proche voisin de la Terre plus souvent que Vénus ou Mars.
Cette conclusion est issue de simulations informatiques complexes, s’étendant sur une période de 10 000 ans, qui ont analysé la distance moyenne entre les huit planètes du système solaire. Le modèle se concentre sur les trois planètes les plus susceptibles d’être proches de la Terre : Mars, Vénus et Mercure.
L’orbite de Mercure, plus proche du Soleil, lui permet de rester relativement proche de la Terre pendant une plus grande partie de sa période orbitale. Les chercheurs soulignent que cette idée fausse est largement répandue, même dans les publications scientifiques de vulgarisation, en raison de l’utilisation de méthodes de calcul imprécises.

Pour modéliser ces interactions, les experts ont utilisé une approche mathématique appelée méthode point-cercle (PCM). Cette méthode considère les orbites des planètes comme des cercles concentriques situés dans le même plan, permettant de calculer la distance moyenne entre elles.
Les résultats des calculs PCM révèlent un schéma appelé « corollaire tourbillonnant », un terme emprunté à la série animée Rick et Morty. Selon IFL Science, ce corollaire stipule :
« Plus le rayon orbital d’une planète est petit, plus la distance moyenne de cette planète par rapport aux autres planètes gravitant autour du Soleil est faible. »
IFL Science (12/08/2025)
En d’autres termes, Mercure, avec son rayon orbital le plus petit (environ 0,39 UA – Unité astronomique) par rapport à Vénus (0,72 UA), est statistiquement la planète la plus souvent proche des autres.
L’analyse, publiée dans la revue Physics Today, va encore plus loin : Mercure est également la planète la plus proche de Neptune, la planète la plus éloignée du Soleil. Bien que Neptune se trouve aux confins du système solaire, la distance moyenne entre elle et Mercure est inférieure à celle qui la sépare d’Uranus, de Saturne ou de Jupiter.
Ce phénomène, bien que contre-intuitif, est confirmé par les simulations sur 10 000 ans. L’orbite rapide et de petite taille de Mercure lui permet de « croiser » plus fréquemment les autres planètes, même si la distance réelle reste considérable. Ce principe s’applique à l’ensemble des sept autres planètes : Mercure apparaît toujours comme le plus proche voisin dans les calculs moyens.
Les chercheurs précisent que ces découvertes ne remettent pas en cause notre compréhension fondamentale de la configuration du système solaire. L’ordre des planètes reste inchangé : Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. Cette recherche souligne cependant l’importance d’utiliser des méthodes de calcul précises lors de l’étude des distances interplanétaires.
