Publié le 30 octobre 2025 23h00. Une nouvelle étude britannique révèle qu’il est possible de perdre du poids sans réduire les portions, en privilégiant une alimentation composée d’aliments peu transformés plutôt qu’ultra-transformés.
- Les participants au régime à base d’aliments peu transformés ont perdu deux fois plus de poids que ceux suivant un régime à base d’aliments ultra-transformés.
- La perte de poids accrue est liée à une diminution de la masse grasse et de l’eau corporelle, sans impact sur la masse musculaire.
- L’étude ne révèle aucun effet négatif significatif sur la santé des participants suivant un régime à base d’aliments ultra-transformés, mais souligne la nécessité de recherches plus approfondies.
Des chercheurs de l’University College London (UCL) ont mené une étude innovante démontrant qu’il est possible d’influencer la perte de poids et la composition corporelle en modifiant le degré de transformation des aliments, sans pour autant imposer de restrictions caloriques. Les résultats, publiés dans la revue Médecine naturelle, ouvrent de nouvelles perspectives en matière de nutrition et de santé publique.
L’étude a consisté à diviser 55 adultes en deux groupes. Pendant huit semaines, le premier groupe a suivi un régime composé d’aliments peu transformés (APT), comme des flocons d’avoine préparés la veille ou des spaghettis à la bolognaise faits maison. Après une période de quatre semaines où les participants ont retrouvé leurs habitudes alimentaires habituelles, ils sont ensuite passés à un régime à base d’aliments ultra-transformés (AUT), tels que des barres de céréales au petit-déjeuner ou des lasagnes préparées. Le second groupe a suivi le même processus, mais en inversant l’ordre des régimes.
Les participants se sont vu livrer une quantité de nourriture supérieure à leurs besoins caloriques quotidiens et ont été encouragés à manger à leur guise, sans restriction. L’objectif était d’évaluer l’impact du degré de transformation des aliments sur le poids et la composition corporelle, indépendamment de l’apport calorique.
Après huit semaines, les deux groupes ont perdu du poids, probablement en raison de l’amélioration du profil nutritionnel des aliments consommés par rapport à leur régime habituel. Cependant, la perte de poids a été significativement plus importante avec le régime APT (diminution de 2,06 %) qu’avec le régime AUT (1,05 %). Cette différence correspond à un déficit calorique quotidien d’environ 290 kilocalories (kcal) avec le régime APT, contre 120 kcal avec le régime AUT.
L’analyse de la composition corporelle a révélé que la perte de poids accrue avec le régime APT était principalement due à une diminution de la masse grasse et de l’eau corporelle, sans modification de la masse musculaire. Cela suggère que ce type de régime favorise une composition corporelle plus saine.
« Des recherches antérieures ont établi un lien entre les aliments ultra-transformés et leurs effets néfastes sur la santé. Cependant, tous les aliments ultra-transformés ne sont pas intrinsèquement malsains en fonction de leur profil nutritionnel. »
Dr Samuel Dicken, auteur principal de l’étude
Selon le Dr Dicken, l’étude vise à combler une lacune dans les connaissances concernant le rôle de la transformation des aliments dans le contexte des recommandations nutritionnelles actuelles et son impact sur la santé, notamment le poids, la tension artérielle et la composition corporelle, ainsi que sur les sensations de faim.
Les chercheurs estiment qu’une perte de poids de 13 % chez les hommes et de 9 % chez les femmes pourrait être observée sur une année en suivant le régime APT, contre 4 % et 5 % respectivement pour le régime AUT. « Même une réduction de 2 pour cent peut sembler faible, mais elle peut se produire en seulement huit semaines et sans réduire l’apport calorique », souligne le Dr Dicken.
L’étude a également mesuré des marqueurs de santé secondaires, tels que la tension artérielle, la fréquence cardiaque, la fonction hépatique, le glucose, le cholestérol et l’inflammation. Aucun impact négatif significatif du régime AUT n’a été constaté sur ces marqueurs. Cependant, les chercheurs insistent sur la nécessité de mener des études plus longues pour évaluer pleinement les effets de ces mesures en relation avec les changements de poids et de composition corporelle.
« Le meilleur conseil à donner aux gens est de respecter le plus possible les directives nutritionnelles en réduisant l’apport énergétique global, en limitant la consommation de sel, de sucre et de graisses saturées et en donnant la priorité aux aliments riches en fibres tels que les fruits, les légumes, les noix et les haricots. Choisir des options moins transformées telles que les aliments entiers et la cuisson à partir de zéro, plutôt que des aliments ultra-transformés, emballés ou prêts à manger, est susceptible d’offrir des avantages supplémentaires en termes de poids corporel, de composition corporelle et de santé globale. »
Professeur Rachel Batterham, UCL Centre de recherche sur l’obésité
Les recommandations diététiques fournies sont conformes au guide Eatwell du gouvernement britannique, qui précise les niveaux recommandés de graisses, de graisses saturées, de protéines, de glucides, de sel et de fibres, ainsi que la consommation de fruits et légumes.
Cette étude apporte des éléments précieux pour repenser les approches nutritionnelles et souligne l’importance de privilégier les aliments peu transformés pour une meilleure santé et un poids stable.
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