Home MondeUne femme est morte de froid lors d’une randonnée en montagne. Son petit ami est-il à blâmer ? – Le temps irlandais

Une femme est morte de froid lors d’une randonnée en montagne. Son petit ami est-il à blâmer ? – Le temps irlandais

by Clara Dubois

Publié le 23 décembre 2025 à 11h01. Un randonneur autrichien est accusé d’homicide involontaire après la mort de sa compagne sur le Grossglockner, la plus haute montagne d’Autriche, un drame qui relance le débat sur la responsabilité en montagne et la sécurité des alpinistes.

  • Un couple de randonneurs a été confronté à des conditions météorologiques difficiles sur le Grossglockner en janvier 2024.
  • La compagne du randonneur est décédée d’hypothermie après avoir été laissée seule en raison de son épuisement.
  • L’homme est accusé d’avoir commis plusieurs erreurs ayant conduit à la mort de sa partenaire et risque jusqu’à trois ans de prison.

Près d’un an après la tragédie, l’affaire secoue la communauté alpine autrichienne et soulève des questions complexes sur les obligations morales et légales en montagne. Les procureurs ont inculpé l’homme pour homicide involontaire par négligence grave, estimant qu’il a commis une série d’erreurs fatales.

Selon l’accusation, le couple, originaire de Salzbourg, a entrepris son ascension du Grossglockner le 18 janvier 2024 en empruntant un itinéraire particulièrement difficile. Ils ont ignoré les prévisions météorologiques annonçant des vents violents, connus localement sous le nom de Foehn, qui peuvent provoquer des rafales glaciales sur les sommets exposés. Les procureurs reprochent également au couple de ne pas avoir emporté suffisamment de matériel d’urgence et d’avoir commencé leur ascension trop tard dans la journée.

L’homme a raconté aux enquêteurs que sa compagne avait soudainement été frappée d’un épuisement sévère vers minuit, l’empêchant de continuer. Il a pris la décision controversée de la laisser sur place et de poursuivre seul pour chercher de l’aide. Quelques heures plus tard, il a alerté les secours, mais il était déjà trop tard. Le corps de la jeune femme a été retrouvé gelé le lendemain matin, non loin du sommet.

Les récits de l’homme et de la police divergent sur les événements qui ont suivi. L’homme affirme avoir tenté de contacter les secours, mais son téléphone était en mode silencieux et il n’a pas remarqué les appels et messages des autorités. Les procureurs, en revanche, ont analysé les données de leurs téléphones et montres connectées et affirment qu’il a mis son téléphone en mode silencieux et n’a pas contacté les secours pendant trois heures.

L’affaire a mis en lumière une doctrine juridique allemande connue sous le nom de Garantenstellung, qui établit une responsabilité d’intervention pour les personnes ayant un « devoir de diligence » dans certaines situations. Bien que souvent appliquée dans le cadre de relations spécifiques, comme les parents envers leurs enfants, son application à une randonnée privée est rare et suscite le débat.

« La question est de savoir dans quelle mesure une personne est responsable de l’autre lorsqu’elles entreprennent ensemble une activité risquée ou dangereuse », explique Severin Glaser, professeur de droit pénal à l’Université d’Innsbruck.

« Lorsque des gens font ensemble quelque chose de risqué ou de dangereux, dans quelle mesure une personne est-elle responsable de l’autre ? »

Les procureurs soulignent que l’homme était responsable de la sécurité de sa compagne, car il avait planifié le voyage et était plus expérimenté qu’elle. Ils lui reprochent notamment de l’avoir laissée porter des bottes de snowboard inappropriées pour l’ascension et de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour la protéger avant de la quitter, comme l’envelopper dans une couverture de survie ou retirer son sac à dos.

L’avocat de l’homme, Kurt Jelinek, a déclaré que son client était profondément attristé par la mort de sa compagne et qu’il coopère pleinement avec les autorités. Il a souligné que les deux randonneurs étaient expérimentés et qu’ils avaient tous deux participé à la planification du voyage. Le New York Times a initialement publié cet article.

Cette affaire intervient dans un contexte d’augmentation des accidents en montagne en Autriche. Depuis 2021, le service autrichien de secours en montagne constate une hausse significative du nombre de missions, notamment en raison de l’afflux de touristes moins expérimentés, attirés par les paysages alpins et la possibilité d’observer le recul des glaciers. En 2024, près de 1 400 missions ont été effectuées dans le seul Land du Tyrol.

« Les gens ont souvent beaucoup d’argent, mais ils manquent de temps », observe Herbert Wolf, guide de montagne au Grossglockner depuis 23 ans. Il déplore que de nombreux randonneurs se lancent dans des ascensions sans s’acclimater correctement ou par mauvais temps. Tobias Huber, médecin et vice-président du service autrichien de secours en montagne, qualifie cette situation de « Disneyland alpin », soulignant que de plus en plus de personnes prennent des risques inconsidérés, notamment pour obtenir des photos spectaculaires pour les réseaux sociaux.

« Un Disneyland alpin »

Le procès de l’homme, prévu en février, pourrait avoir des conséquences importantes pour la communauté alpine et la réglementation de l’alpinisme en Autriche. Les experts s’interrogent sur les limites de la liberté individuelle en montagne et sur la nécessité de trouver un équilibre entre la sécurité des alpinistes et le respect de leur autonomie.

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