Home NouvellesUne femme pleure alors que le médecin déclare au tribunal que la folie n’est pas une défense pour l’attaque presque mortelle contre sa fille – The Irish Times

Une femme pleure alors que le médecin déclare au tribunal que la folie n’est pas une défense pour l’attaque presque mortelle contre sa fille – The Irish Times

by Nicolas Lefèvre

Publié le 2024-02-16. Une femme est jugée en Irlande pour la tentative de meurtre de sa fille de huit ans, survenue en septembre 2022. L’issue du procès dépendra de l’interprétation de son état mental au moment des faits, des avis d’experts contradictoires étant présentés devant le tribunal.

  • Un psychiatre légiste estime que la défense de la folie n’est pas applicable dans cette affaire.
  • L’accusée a infligé plus de 70 coups de couteau à sa fille.
  • La jeune fille a survécu grâce à une intervention médicale d’urgence.

Le tribunal irlandais a été le théâtre d’une vive émotion vendredi, alors qu’une femme, dont l’identité n’a pas été divulguée, était confrontée aux conclusions d’un expert psychiatrique concernant sa défense. L’accusée est jugée pour avoir tenté de tuer sa fille de huit ans dans un centre d’hébergement temporaire le 22 septembre 2022.

La jeune victime avait reçu plus de 70 coups de couteau portés à la poitrine, au dos, aux bras et aux jambes. Elle a été transportée d’urgence au Children’s Health Ireland à Crumlin, où elle a subi une opération à cœur ouvert pour réparer une blessure grave. Selon les informations révélées au cours du procès, elle n’aurait pas survécu sans l’intervention rapide des médecins.

Le Dr Richard Church, psychiatre légiste britannique, a témoigné devant le tribunal, estimant que, compte tenu de son examen de l’accusée, des avis d’experts et de ses antécédents médicaux, la défense de la folie ne pouvait être retenue. Il a précisé qu’il avait examiné attentivement la possibilité d’une « aliénation mentale », mais qu’il n’était pas convaincu que l’accusée ignorait la nature de ses actes.

« Dans l’ensemble, je ne suis pas convaincu que la défense de la folie soit [applicable] dans cette affaire. »

Dr. Richard Church, psychiatre légiste

Ce témoignage contraste avec celui du Dr Paul O’Connell, un autre psychiatre légiste, qui avait précédemment affirmé que l’accusée ne réalisait pas la gravité de ses actions. L’accusée, visiblement bouleversée par les conclusions du Dr Church, a éclaté en larmes, entraînant une brève suspension de l’audience.

Reprenant son témoignage, le Dr Church a souligné que le comportement de l’accusée avant et pendant l’agression suggérait une conscience de ses actes. Il a notamment évoqué le fait qu’elle aurait caché l’arme utilisée et verrouillé la pièce où l’attaque a eu lieu.

Le tribunal a appris que l’accusée avait déjà été suivie par un hôpital psychiatrique en Russie, son pays d’origine, où un « trouble bipolaire actif » lui avait été diagnostiqué. En mars 2022, six mois avant l’agression, elle avait fui la guerre en Ukraine avec sa fille pour se réfugier en Irlande, vivant dans des logements d’urgence.

Le Dr Church a estimé que, au moment des faits, l’accusée souffrait d’un « trouble d’adaptation » combiné à un « trouble de la personnalité », exacerbés par sa situation difficile. Il a décrit une personne confrontée à de multiples stress, avec des difficultés d’adaptation et des crises émotionnelles.

Lors d’un entretien en octobre 2025, le Dr Church a interrogé l’accusée sur d’éventuels flashbacks ou souvenirs intrusifs liés à l’agression. Elle aurait alors serré les poings et répondu :

« Je pense constamment à elle, je ne sais pas quoi faire. »

Accusée

Après son arrestation, l’accusée avait avoué à la police avoir poignardé sa fille à plusieurs reprises et tenté de l’étrangler, déclarant souffrir de pensées suicidaires et se sentir « folle ». Elle avait également exprimé une paranoïa liée à la crainte d’être jugée mauvaise mère et de perdre la garde de son enfant auprès de Tusla, l’agence irlandaise pour l’enfance et la famille.

L’avocat de la défense, Mark Nicholas, a plaidé pour que le jury prenne en compte l’avis du Dr O’Connell, selon lequel l’accusée n’était pas consciente de ses actes, ce qui pourrait conduire à un verdict d’inculpabilité pour cause d’aliénation mentale.

Le procès doit se poursuivre mardi prochain.

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