Publié le 7 décembre 2023 10:15. Un homme britannique a continué à travailler pendant des mois sans être informé qu’il était atteint d’une maladie en phase terminale, une erreur de communication hospitalière qui a privé sa famille de précieux moments avec lui.
- William « Syd » Chapman, 58 ans, a consulté à plusieurs reprises l’hôpital Comtesse de Chester en 2021 pour un essoufflement.
- Les médecins n’ont jamais informé Syd de son diagnostic de fibrose pulmonaire, une maladie incurable.
- Sa famille estime qu’il aurait pu profiter pleinement de ses derniers mois s’il avait été mis au courant de son état.
William Chapman, affectueusement surnommé « Syd » par ses proches, a continué à travailler malgré une santé fragile, persuadé qu’il allait se rétablir. Il avait consulté à plusieurs reprises l’hôpital Comtesse de Chester, dans le Cheshire, entre juillet et novembre 2021, se plaignant d’un essoufflement. À chaque visite, il lui a été dit qu’il souffrait du COVID-19 et qu’il allait se rétablir complètement, selon un communiqué du Médiateur parlementaire et du service de santé d’Angleterre (PHSO), un organisme indépendant chargé d’enquêter sur les plaintes concernant le Service national de santé (NHS).
Ce n’est que en décembre 2021 que son médecin généraliste lui a annoncé qu’il était atteint de fibrose pulmonaire, une maladie pulmonaire progressive et incurable qui rend la respiration difficile. Le médecin généraliste avait supposé que Syd était déjà informé de son diagnostic, sur la base de documents envoyés par l’hôpital, mais il s’avère que Syd n’avait jamais reçu cette information.
Syd est décédé en août 2022, à l’âge de 58 ans. Sa fille, Chantelle, 32 ans, a exprimé la profonde déception de sa famille face à cette erreur médicale.
« Mon père pensait qu’il allait aller mieux, parce que c’est ce qu’ils lui ont fait croire. C’est pour cette raison qu’il a continué à travailler même si c’était un combat pour lui. »
Chantelle Chapman, fille de William Chapman
Chantelle a ajouté que si son père avait été informé de son état, il aurait pu prendre des décisions différentes, notamment arrêter de travailler et passer plus de temps avec sa famille.
« S’il avait su la vérité, il aurait abandonné son travail et aurait profité au maximum du temps qu’il lui restait avec sa famille. Au moment où on lui a donné les informations nécessaires pour prendre cette décision, il était de toute façon trop faible pour travailler, il était pratiquement cloué au lit. Nous avons tous perdu ce temps précieux à passer ensemble. »
Chantelle Chapman, fille de William Chapman
Le PHSO a déclaré n’avoir trouvé aucun défaut dans les soins cliniques prodigués à Syd, mais a qualifié l’affaire de « troublante ». Rebecca Hilsenrath, PDG du PHSO, a souligné l’importance d’une communication efficace avec les patients et les conséquences d’une erreur de ce type.
« Cette affaire inquiétante met en évidence l’importance d’une communication efficace et les conséquences d’une erreur. Quand vous entendez ce genre de diagnostic de cette manière, vous perdez un sentiment de dignité et la possibilité de prendre vos propres décisions sur la façon de vivre votre vie. »
Rebecca Hilsenrath, PDG du PHSO
Le PHSO a également critiqué le manque de suivi et d’attention accordés à la famille Chapman après le dépôt d’une plainte interne. Il a recommandé à l’hôpital de reconnaître ses erreurs, de s’excuser auprès de la famille, d’améliorer ses procédures et de verser une indemnité de 1 600 $ (environ 1 470 €) à l’épouse de Syd. L’hôpital s’est depuis conformé à ces recommandations.
Dans un communiqué, un porte-parole du Countess of Chester Hospital NHS Foundation Trust a déclaré : « Nous nous excusons sincèrement pour l’expérience vécue par M. Chapman et sa famille. Nous acceptons pleinement les conclusions et les recommandations du médiateur et continuerons à mettre en œuvre des améliorations. »