Publié le 8 octobre 2025 à 13h40. Une nouvelle flottille humanitaire tentant de briser le blocus de Gaza a été interceptée mercredi par l’armée israélienne, tandis que la polémique grandit autour de l’utilisation par Greta Thunberg d’une image d’otage israélien dans une publication dénonçant la situation des prisonniers palestiniens.
- L’armée israélienne a intercepté une flottille de neuf navires en Méditerranée et arrêté des dizaines de militants pro-palestiniens.
- Greta Thunberg et d’autres membres de la Global Sumud Flotilla (GSF) ont été critiqués pour avoir utilisé une photo d’Evyatar David, un otage israélien, pour illustrer une publication sur les prisonniers palestiniens.
- La Turquie a fermement condamné l’opération israélienne, la qualifiant d' »acte de piraterie ».
L’armée israélienne a confirmé avoir intercepté mercredi en Méditerranée une flottille de neuf navires tentant de briser le blocus maritime de la bande de Gaza. Selon les organisateurs, 145 militants liés à la Coalition de la Flottille de la Liberté et au groupe des Mille Madleens à Gaza ont été transférés sur la côte israélienne et devraient être expulsés dans les prochaines heures. Les autorités israéliennes affirment que les militants ont été transférés « en bonne santé » pour être traités.
Les navires, dont un grand navire à passagers et huit voiliers, ont été interceptés à environ 270 kilomètres (120 miles marins) au large de Gaza. Des images diffusées en direct ont montré les navires encerclés par des unités rapides israéliennes avant d’être arraisonnés. Aucun blessé n’a été signalé.
Parmi les militants à bord se trouvaient des médecins, des hommes politiques et des législateurs de Turquie, du Danemark et de France, ainsi que deux citoyens israéliens. La flottille transportait de la nourriture et de l’aide médicale, évaluée à plus de 110 000 dollars américains, comprenant des médicaments, du matériel respiratoire et des fournitures pour les hôpitaux de Gaza. La députée européenne française Mélissa Camara faisait également partie de la délégation.
L’interception intervient une semaine après une opération similaire qui avait vu plus de 40 navires de la Sumud Global Flotilla être arrêtés. À cette occasion, parmi les 450 militants à bord se trouvaient des législateurs européens et l’activiste climatique Greta Thunberg. Six participants à cette première flottille – originaires de Norvège, du Maroc et d’Espagne – sont toujours détenus en Israël, selon leurs avocats.
La polémique autour de l’utilisation d’une image d’Evyatar David, un otage israélien, par Greta Thunberg et la GSF a pris de l’ampleur. Le message, partagé lundi soir sur Instagram par Yasemin Acar, membre du comité directeur du GSF, en collaboration avec Thunberg, comprenait une capture d’écran d’une vidéo diffusée par le Hamas le 3 août, montrant David émacié et marquant les jours sur un calendrier dans un tunnel à Gaza.
Le texte accompagnant la publication affirmait :
« La souffrance des prisonniers palestiniens n’est pas une question d’opinion, mais un fait de cruauté et de déshumanisation systématiques. L’humanité ne peut pas être sélective. La justice ne peut pas avoir de frontières. »
Global Sumud Flotilla
Le message, qui comprenait initialement dix collages de photos, a été modifié et l’image de David a été supprimée. La sœur de l’otage, Yeela David, a vivement réagi sur Instagram, qualifiant Thunberg de « stupide » et dénonçant un manque de compréhension de la situation. Elle a écrit :
« Vous devriez vous renseigner avant de publier des choses que vous ne comprenez pas. Sur la sixième diapositive, vous mettez la photo d’un otage israélien que le Hamas a volontairement affamé. Voici Evyatar David. Chaque minute où vous ne supprimez pas le message, vous devenez une plus grande blague. »
Yeela David, sœur d’Evyatar David
La GSF avait comparé l’arrestation de ses militants le 2 octobre à la situation des prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, affirmant que plus de 11 000 Palestiniens étaient détenus « dans des conditions extrêmes, insalubres et sous la torture ». La publication évoquait également le cas d’Ahmad Manasra, arrêté à l’âge de 13 ans en 2015 après une attaque au couteau à Jérusalem.
Ces événements s’inscrivent dans un contexte de critiques internationales croissantes à l’égard de l’offensive israélienne à Gaza, où la guerre contre le Hamas a causé la mort de plus de 67 000 Palestiniens, selon le ministère de la Santé de Gaza. Israël maintient un blocus maritime et terrestre sur la bande de Gaza depuis 2007, justifiant cette mesure par la nécessité d’empêcher la contrebande d’armes, tandis que ses détracteurs la dénoncent comme une forme de punition collective. Suite au début de la guerre en octobre 2023, Israël a renforcé les restrictions, empêchant l’entrée de nourriture, de médicaments et d’autres biens essentiels, ce qui a conduit l’ONU à avertir d’une famine généralisée.
Agences AFP et AP