Publié le 25 novembre 2025 à 08h23. Des chercheurs ont identifié une mutation génétique rare qui renforce les défenses immunitaires du cerveau, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques potentielles contre la maladie d’Alzheimer.
- Une mutation du gène CSF2RB semble protéger les cellules immunitaires du cerveau contre les dommages liés à la maladie d’Alzheimer.
- Des tests sur des souris ont montré que les cellules immunitaires modifiées restauraient l’efficacité du système immunitaire cérébral.
- Cette découverte pourrait mener à des thérapies innovantes, telles que la transplantation de microglies modifiées ou la thérapie génique.
Une équipe de neuroscientifiques de l’Université Rutgers, dirigée par Peng Jiang et Mengmeng Jin, a mis en lumière une piste prometteuse dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer. Leur recherche, publiée dans la revue Neurosciences naturelles, révèle qu’une mutation génétique spécifique confère une résistance accrue aux cellules immunitaires du cerveau, les protégeant des effets délétères de la maladie.
L’étude s’est inspirée d’une observation clinique intrigante : certaines personnes atteintes du syndrome de Down, qui présentent un risque élevé de développer la maladie d’Alzheimer à un âge précoce en raison de l’accumulation de protéines toxiques, ne développent jamais de démence. Les chercheurs ont découvert que ces individus portaient une mutation dans le gène CSF2RB A455D, présent dans leurs cellules immunitaires.
« C’est une avancée significative », a déclaré Peng Jiang.
« Au lieu de nous concentrer uniquement sur les mutations qui augmentent le risque de maladie, nous cherchons celles qui confèrent une résilience. »
Peng Jiang, neuroscientifique à l’Université Rutgers
Cette approche reflète une tendance croissante dans la recherche sur la maladie d’Alzheimer : renforcer les mécanismes de défense naturels du cerveau plutôt que de simplement tenter d’éliminer les protéines nocives.
Pour évaluer l’impact de cette mutation, l’équipe a créé des microglies humaines – les cellules immunitaires du cerveau – portant la mutation CSF2RB A455D et les a implantées dans le cerveau de souris. Les résultats ont été remarquables : les microglies mutantes sont restées jeunes, ont évité une inflammation chronique et ont démontré une plus grande efficacité pour éliminer les protéines toxiques associées à la maladie d’Alzheimer.
En présence de microglies normales, les cellules mutantes ont progressivement pris le dessus, revitalisant le système immunitaire du cerveau. Ces résultats suggèrent que la transplantation de microglies modifiées ou l’utilisation de la thérapie génique pour introduire la mutation dans les cellules existantes pourraient constituer de nouvelles voies thérapeutiques prometteuses.
« Nous exploitons une mutation naturelle à des fins thérapeutiques », explique Jiang, soulignant l’importance de s’inspirer des mécanismes de protection déjà présents dans la nature pour développer de nouveaux traitements.
