Home SantéUne mystérieuse supernova remet en question l’ancienne théorie des explosions d’étoiles

Une mystérieuse supernova remet en question l’ancienne théorie des explosions d’étoiles

by Sophie Martin

Publié le 31 octobre 2025 à 05:24:00. Une supernova située à 65 millions d’années-lumière de la Terre défie les théories établies sur la mort des étoiles géantes, révélant un mécanisme énergétique inattendu : la fluorescence de Bowen.

  • La supernova SN 2024bch, de type II, ne présente pas l’interaction typique avec le gaz environnant attendue lors d’une explosion stellaire.
  • L’énergie émise ne provient pas de collisions, mais d’un phénomène rare appelé fluorescence de Bowen, où la lumière ultraviolette excite les atomes d’hélium.
  • Cette découverte pourrait remettre en question les modèles actuels de supernovae de type II et leur capacité à produire des neutrinos.

Des recherches récentes menées sur la supernova SN 2024bch, observée pour la première fois en février 2024, ont révélé un comportement surprenant qui remet en question notre compréhension des explosions stellaires. Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que l’énergie intense émise par ces événements était principalement due à l’impact des débris stellaires sur le milieu circumstellaire, le gaz dense qui entoure l’étoile.

Or, l’équipe de l’Institut national d’astrophysique (INAF) a constaté que SN 2024bch ne suivait pas ce schéma. Malgré l’absence d’interaction significative avec le gaz environnant, des raies d’émission étroites étaient visibles dans le spectre lumineux de la supernova. Après 140 jours d’observation à l’aide de différents télescopes terrestres et de la sonde spatiale Swift, les chercheurs ont identifié la cause de ce phénomène : la fluorescence de Bowen.

La fluorescence de Bowen, un processus connu depuis la première moitié du XXe siècle, est un phénomène d’« écho de lumière » à haute énergie. La lumière ultraviolette intense émise par la supernova excite les atomes d’hélium présents dans l’environnement, qui transfèrent ensuite cette énergie à d’autres éléments, tels que l’oxygène et l’azote, produisant ainsi des raies lumineuses spécifiques.

« Nous avons adopté une approche non conventionnelle et sans préjugés, » explique Leonardo Tartaglia, le chercheur de l’INAF qui a dirigé cette étude. « Pour la première fois, nous démontrons que le mécanisme principal de ce phénomène est la fluorescence de Bowen. Notre scénario décrit avec une grande précision toutes les phases de l’évolution de cette supernova. »

Leonardo Tartaglia, chercheur à l’INAF

Cette découverte pourrait avoir des implications importantes pour notre compréhension des supernovae de type II, qui se produisent lorsque les réactions de fusion nucléaire dans le noyau de fer d’une étoile massive s’arrêtent, entraînant son effondrement et l’expulsion de ses couches externes dans l’espace. Les scientifiques doivent désormais reconsidérer si tous les supernovae de type II produisent des neutrinos, de petites particules sans masse voyageant presque à la vitesse de la lumière.

Selon Tartaglia, « Nos recherches montrent que, dans certains de ces événements, les interactions ne sont pas la principale source d’émissions. » Il ajoute que SN 2024bch, ne présentant aucune preuve d’interaction, ne possède pas les conditions physiques nécessaires à la production de neutrinos de haute énergie.

Les résultats de cette recherche ont été acceptés pour publication dans la revue scientifique Astronomy & Astrophysics. (Espace/Z-2)

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