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L’ONU a exigé qu’Ortega et Murillo soient tenus responsables des crimes contre l’humanité au Nicaragua

by Clara Dubois

Publié le 31 octobre 2024 01:47:00. Des experts de l’ONU accusent le régime nicaraguayen de Daniel Ortega et Rosario Murillo de crimes contre l’humanité, appelant à des sanctions et à une saisine de la Cour internationale de Justice face à une répression systématique des opposants.

  • Des experts de l’Organisation des Nations Unies (ONU) exigent que le Nicaragua soit tenu responsable de violations graves des droits humains, notamment des accusations de crimes contre l’humanité.
  • La répression au Nicaragua, qui s’est intensifiée après les manifestations de 2018, est dénoncée devant l’Assemblée générale de l’ONU comme un schéma systématique.
  • Les États-Unis envisagent d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les produits nicaraguayens en réponse à la situation des droits humains.

Le régime nicaraguayen, dirigé par Daniel Ortega et Rosario Murillo, est accusé de graves violations des droits humains, selon un rapport présenté ce jeudi par un groupe d’experts de l’ONU. Pour la première fois, la répression au Nicaragua est formellement dénoncée devant l’Assemblée générale des Nations Unies, pointant un schéma systématique qui a débuté après les manifestations de 2018.

Depuis ces événements, qui ont fait près de 300 morts, le gouvernement nicaraguayen a consolidé son contrôle sur le pouvoir, restreignant les libertés civiles et démantelant l’opposition. Il a systématiquement qualifié les manifestations de tentative de coup d’État, imputant la responsabilité aux États-Unis.

Le Groupe d’experts des droits de l’homme sur le Nicaragua exhorte les États membres de l’ONU à demander des comptes à Ortega et Murillo pour leur participation présumée à des « exécutions extrajudiciaires », des « disparitions forcées » et des actes de « torture ». Jan-Michael Simon, à la tête du groupe, a publiquement accusé les dirigeants nicaraguayens d’avoir retiré la nationalité et confisqué les biens des opposants, étendant ainsi la répression au-delà des frontières nationales et constituant des crimes internationaux.

Ariela Peralta, membre du groupe, a déclaré :

« La communauté internationale ne doit pas se contenter d’observer ; elle doit prendre des mesures concrètes : des actions en justice, des poursuites et des sanctions ciblées. »

Ariela Peralta, membre du Groupe d’experts des droits de l’homme sur le Nicaragua

Le groupe a rappelé l’assassinat, survenu en juin au Costa Rica, de Roberto Samcam, un ancien officier militaire en exil et opposant au régime. Il n’exclut pas l’implication des autorités nicaraguayennes dans ce crime. Reed Brody, un expert du panel, a souligné que « le gouvernement a mis en place un mécanisme de persécution qui suit ses citoyens à l’étranger » et que les exilés « vivent dans une peur constante ».

Le rapport de l’ONU bénéficie du soutien de l’Union européenne (UE) et de plusieurs pays d’Amérique latine, dont le Chili, le Brésil et le Mexique. Ces nations demandent instamment que le cas du Nicaragua soit porté devant la Cour internationale de Justice.

La représentante du gouvernement nicaraguayen devant l’Assemblée, Éléane Pichardo, a rejeté le rapport, le qualifiant de manque de légitimité et affirmant qu’il pourrait conduire à des « agressions » extérieures contre le pays. Elle a reçu le soutien de nations telles que le Venezuela, Cuba, la Corée du Nord, la Chine, l’Iran et la Russie.

Par ailleurs, les États-Unis ont annoncé qu’ils étudiaient la possibilité d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les produits nicaraguayens, en réponse aux violations des droits humains commises par le régime d’Ortega et Murillo. Cette décision pourrait avoir un impact significatif sur l’économie nationale.

Des sources d’opposition rapportent que Daniel Ortega, au pouvoir depuis 2007 et déjà à la tête du pays dans les années 1980, souffre de graves problèmes de santé. Ces sources affirment que Rosario Murillo, 74 ans, préparerait une purge interne pour assurer une succession au sein du parti au pouvoir.

Enfin, Rosario Murillo a annoncé lundi dernier à Managua qu’un millier de prisonniers de droit commun condamnés à mort seraient libérés le 1er novembre, jour de la Toussaint, pour passer au régime de coexistence familiale. Cela porterait à 8 400 le nombre de bénéficiaires de cette mesure en 2024. Les libérations auront lieu au siège du Système pénitentiaire national, connu sous le nom de « La Modelo », situé en périphérie de Managua, ainsi que dans sept autres prisons. Au cours des dix dernières années, le gouvernement nicaraguayen a accordé cet avantage à 53 164 prisonniers de droit commun, avec un taux de récidive de 7,18 % selon les données officielles. Cette pratique a été critiquée par des organisations féministes, qui craignent une augmentation des féminicides et des crimes après la libération massive de ces prisonniers.

L’ONU et les organisations internationales continuent de suivre de près la situation au Nicaragua, tandis que les institutions mondiales et les pays membres examinent de nouvelles sanctions et de nouveaux mécanismes de pression pour obtenir des comptes sur les violations systématiques des droits humains.

(Avec informations de l’AFP et de l’EFE)

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