Publié le 18 novembre 2025 12:05:00. L’incidence du cancer colorectal augmente de manière préoccupante chez les moins de 50 ans, une tendance que les chercheurs attribuent potentiellement à une consommation excessive d’aliments ultra-transformés. Une nouvelle étude met en lumière un lien possible entre ces produits et le développement de lésions précancéreuses.
- Le cancer colorectal, troisième cancer le plus diagnostiqué au monde, touche de plus en plus de jeunes adultes.
- Une consommation élevée d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de polypes colorectaux, des lésions pouvant évoluer vers un cancer.
- Les experts recommandent une alimentation équilibrée, riche en aliments complets, et un dépistage régulier, notamment en cas d’antécédents familiaux.
Le cancer colorectal, également connu sous le nom de cancer de l’intestin ou du côlon, représente un problème de santé publique majeur. En 2022, il a été responsable de plus de 1,9 million de nouveaux cas et de près de 904 000 décès dans le monde, selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Traditionnellement considéré comme une maladie touchant principalement les personnes âgées de plus de 50 ans, le cancer colorectal se manifeste désormais de plus en plus chez les adultes plus jeunes, une tendance observée à l’échelle mondiale, et particulièrement rapide en Europe.
Une étude récente, menée par une équipe du Mass General Brigham Cancer Institute à Boston et publiée dans la revue JAMA Oncologie, a examiné les habitudes alimentaires de plus de 29 100 infirmières sur une période médiane de 13 ans. Les résultats suggèrent que les femmes consommant le plus d’aliments ultra-transformés présentent une probabilité significativement plus élevée de développer des adénomes colorectaux, des lésions précancéreuses. Plus précisément, celles qui consommaient environ 10 portions d’aliments ultra-transformés par jour avaient un risque 45 % plus élevé de développer un adénome avant l’âge de 50 ans, comparativement à celles qui en consommaient un peu plus de trois portions par jour.
Les aliments ultra-transformés, caractérisés par leur fabrication industrielle et la présence d’ingrédients souvent absents des cuisines traditionnelles, occupent une place importante dans l’alimentation moderne. L’étude a identifié des produits tels que le pain industriel, les céréales pour petit-déjeuner transformées, les sauces industrielles, les pâtes à tartiner et les boissons sucrées comme étant particulièrement présents dans le régime des participantes. Ces aliments sont souvent riches en sucres ajoutés, en graisses raffinées, en sel et en additifs, tout en étant pauvres en fibres.
Les chercheurs soulignent qu’il s’agit d’une étude observationnelle, établissant une association et non une relation de cause à effet. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre les mécanismes biologiques précis qui lient la consommation d’aliments ultra-transformés au développement du cancer colorectal. Cependant, ils avancent que ces aliments pourraient perturber le microbiote intestinal, endommager la barrière protectrice de l’intestin et favoriser une inflammation chronique, autant de facteurs susceptibles de contribuer à la formation de tumeurs.
Les experts recommandent une approche proactive en matière de santé digestive. Il est conseillé de privilégier une alimentation riche en aliments complets, tels que les légumes, les fruits, les céréales complètes, les légumineuses, les noix et les graines. De plus, le dépistage du cancer colorectal devrait débuter à l’âge de 45 ans, voire plus tôt en cas d’antécédents familiaux. Un diagnostic précoce est crucial pour un traitement efficace et pour améliorer les chances de guérison.
Il est également important de noter que les aliments ultra-transformés ont évolué au fil du temps, avec des changements dans les recettes et les additifs utilisés. Certains experts suggèrent que l’utilisation généralisée d’huiles riches en oméga-6 pourrait également jouer un rôle dans l’inflammation et le développement de tumeurs colorectales.