Home SantéUne nouvelle découverte dans la signalisation du cancer révèle une voie potentielle vers des médicaments anticancéreux plus efficaces

Une nouvelle découverte dans la signalisation du cancer révèle une voie potentielle vers des médicaments anticancéreux plus efficaces

by Sophie Martin

Publié le 9 décembre 2025 21h10. Des chercheurs de l’Université Brown ont identifié une nouvelle approche pour bloquer la croissance des cellules cancéreuses en ciblant spécifiquement une protéine clé, ouvrant la voie à des traitements potentiellement plus efficaces et moins toxiques.

  • Une équipe de l’Université Brown a découvert comment bloquer sélectivement le complexe mTORC2, sans affecter mTORC1.
  • Cette approche pourrait éviter l’effet secondaire indésirable observé avec les traitements actuels, qui consiste à rendre les cellules cancéreuses plus résistantes à la chimiothérapie.
  • Les résultats de l’étude, publiés dans la revue Science, suggèrent une nouvelle voie pour le développement de médicaments anticancéreux.

La communication entre les cellules et leur perception de l’environnement reposent sur des réseaux complexes de protéines, appelés voies de signalisation. Plus une voie est essentielle à la survie cellulaire, plus elle est susceptible d’être exploitée par les cellules cancéreuses. Parmi ces voies, la voie PI3K-mTOR-Akt est particulièrement souvent perturbée dans les cancers. Les recherches du Dr Martin Taylor, professeur adjoint de pathologie et de médecine de laboratoire à la Warren Alpert Medical School de l’Université Brown, se concentrent sur mTOR, la protéine centrale de cette voie.

Ce qui rend mTOR particulièrement intéressant, c’est sa capacité à activer deux complexes protéiques distincts, mTORC1 et mTORC2, chacun ayant des fonctions différentes. La plupart des médicaments anticancéreux ciblant mTOR affectent les deux complexes, ce qui pose un problème. En effet, l’inhibition de mTORC1 peut paradoxalement augmenter la résistance des cellules cancéreuses à la chimiothérapie.

L’étude, publiée dans Science, révèle comment mTORC2 reconnaît ses cibles et démontre qu’il est possible de bloquer spécifiquement ce complexe sans perturber mTORC1. Cette approche pourrait ainsi interrompre les signaux de croissance des cellules cancéreuses sans déclencher de mécanismes de survie qui protègent la tumeur.

« Cela aide à ouvrir la voie à la conception de médicaments qui ciblent le côté du cancer concerné sans déclencher de voies de survie qui protègent la tumeur. »

Dr Martin Taylor, professeur adjoint de pathologie et de médecine de laboratoire, Université Brown

Le Dr Taylor et son équipe, composée de scientifiques de plusieurs institutions à travers les États-Unis, ont pu répondre à des questions fondamentales sur le fonctionnement de mTOR et identifier des pistes thérapeutiques prometteuses. Les chercheurs travaillent déjà à l’élaboration de nouveaux traitements anticancéreux basés sur ces découvertes.

Le Dr Taylor a présenté les conclusions de l’équipe et les prochaines étapes possibles lors d’une session de questions-réponses avec la faculté de médecine Warren Alpert.

Les recherches du Dr Taylor sont également liées au Centre sur la biologie du vieillissement et au Centre de cancérologie Legorreta de l’Université Brown.

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