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Une nouvelle étude montre que la bactérie Streptococcus anginosus peut favoriser le cancer de l’estomac

Publié le 7 janvier 2026 à 17h39. Une nouvelle étude révèle que la bactérie Streptococcus anginosus pourrait jouer un rôle clé dans le développement du cancer de l’estomac, en stimulant la croissance des cellules tumorales grâce à un…

Une nouvelle étude montre que la bactérie Streptococcus anginosus peut favoriser le cancer de l’estomac

Publié le 7 janvier 2026 à 17h39. Une nouvelle étude révèle que la bactérie Streptococcus anginosus pourrait jouer un rôle clé dans le développement du cancer de l’estomac, en stimulant la croissance des cellules tumorales grâce à un métabolite spécifique.

  • La bactérie Streptococcus anginosus (Sa) favorise le cancer gastrique en produisant des métabolites de la méthionine.
  • Des chercheurs ont isolé des souches de Sa directement à partir de tissus tumoraux et confirmé leur effet pro-tumoral.
  • L’abondance de Sa dans le microbiote intestinal pourrait servir de biomarqueur pour le diagnostic et le suivi du cancer de l’estomac.

Le cancer gastrique, cinquième cancer le plus fréquemment diagnostiqué au monde, touche particulièrement l’Asie de l’Est et l’Europe de l’Est. Si l’Helicobacter pylori (Hp) est reconnu comme un facteur de risque majeur, les recherches s’intensifient sur le rôle d’autres micro-organismes dans le développement de cette maladie. Une étude de cohorte menée en 2022 avait déjà mis en évidence une corrélation positive entre la présence de Sa dans les selles et le risque de cancer de l’estomac.

Une équipe de chercheurs chinois, travaillant à l’Académie chinoise des sciences (CAS) et à l’hôpital Renji de l’université Jiao Tong de Shanghai, en collaboration avec BGI Genomics, a approfondi ces investigations. Leurs travaux, publiés dans la revue médicale Gut, démontrent que les métabolites de la méthionine produits par Sa stimulent la croissance des cellules cancéreuses de l’estomac par plusieurs mécanismes. Ils ont réussi à isoler des souches de Sa directement à partir de tissus tumoraux et à confirmer leur capacité à favoriser la prolifération des cellules cancéreuses.

La méthionine, un acide aminé essentiel, est connue pour stimuler la croissance de certaines cellules cancéreuses. Les chercheurs ont observé que Sa augmente l’expression de MAT2A, une protéine qui facilite le transport de la méthionine dans les cellules tumorales, leur fournissant ainsi de l’énergie et favorisant leur multiplication.

L’analyse métagénomique a révélé une présence accrue de Sa dans le microbiote intestinal des patients atteints d’un cancer gastrique, ainsi qu’une augmentation de l’activité des gènes impliqués dans la biosynthèse de la méthionine. L’analyse métabolomique a confirmé des niveaux élevés de métabolites liés à la méthionine dans les tissus tumoraux.

Pour valider ces résultats, les chercheurs ont isolé et cultivé trois souches de Sa à partir d’échantillons de tumeurs gastriques. Ces souches ont démontré leur capacité à synthétiser de la méthionine et à favoriser la croissance des cellules cancéreuses dans des modèles murins et en culture cellulaire. Une analyse génomique comparative a confirmé la présence du gène metE, essentiel à la biosynthèse de la méthionine, dans toutes les souches de Sa étudiées, y compris celles issues de la base de données de microbiote oral et intestinal humain de BGI à Shenzhen.

Cette étude ouvre de nouvelles perspectives pour la prévention et le traitement du cancer gastrique. La bactérie Sa pourrait non seulement servir de biomarqueur pour identifier les patients à risque, mais également devenir une cible thérapeutique potentielle. Les chercheurs soulignent l’importance d’approfondir l’étude de la diversité et de la pathogénicité de Sa afin de développer des stratégies de prévention plus précises et personnalisées.

En révélant le lien entre le métabolisme microbien et la croissance tumorale, ces travaux mettent en lumière le rôle crucial des métabolites produits par les bactéries dans le développement du cancer. Ils ouvrent la voie à de nouvelles recherches sur l’impact du microbiote intestinal sur la santé humaine.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.