Publié le 24 septembre 2025. Une étude menée auprès de footballeuses professionnelles révèle une prévalence insoupçonnée d’arthrose précoce, notamment au niveau de la cheville, soulignant la nécessité d’une meilleure prévention des blessures et d’une prise en charge adaptée.
- L’arthrose, souvent associée au vieillissement, est détectée chez des joueuses de moins de 30 ans.
- La cheville apparaît comme l’articulation la plus touchée, suggérant une vulnérabilité spécifique dans le football féminin.
- Les chirurgies du genou augmentent considérablement le risque de développer une arthrose à long terme.
Des recherches récentes de la Drake Football Study mettent en lumière un problème de santé émergent dans le football professionnel féminin : l’apparition précoce de signes d’arthrose (OA) dans les membres inférieurs. Cette affection, caractérisée par l’usure du cartilage articulaire, est traditionnellement associée au vieillissement, mais elle se manifeste désormais chez des athlètes en pleine forme.
Publiée dans le Journal sud-africain de médecine du sport (2025), cette sous-étude, dirigée par le Dr DA Ramagole et ses collègues, est la première à évaluer cliniquement l’arthrose chez des joueuses professionnelles actives. Elle apporte ainsi de nouvelles informations sur les articulations les plus susceptibles d’être touchées et sur les premiers signes de la maladie.
L’étude a porté sur 74 footballeuses professionnelles (âgées en moyenne de 25 ans) issues d’Europe et d’Afrique. Les joueuses ont été soumises à un examen clinique pour détecter une éventuelle arthrose de la hanche, du genou et de la cheville, et ont également répondu à des questionnaires détaillés concernant leurs douleurs articulaires, leur fonction et leurs antécédents de blessures ou d’interventions chirurgicales.
Les résultats sont préoccupants : malgré leur jeune âge et leur condition physique optimale, des signes d’arthrose clinique ont été détectés chez certaines joueuses :
- Arthrose de la hanche: 2,7%
- Arthrose du genou: 5,0%
- Arthrose de la cheville: 8,0%
Selon le professeur Vincent Gouttebarge, directeur médical de la FIFPRO, un résultat se démarque particulièrement :
« Bien que la prévalence globale soit faible, un résultat ressort clairement : la cheville est apparue comme l’articulation la plus touchée, ce qui suggère qu’il pourrait s’agir d’un maillon faible de la biomécanique du football féminin. »
Professeur Vincent Gouttebarge, directeur médical de la FIFPRO
Ancien footballeur professionnel ayant évolué pendant 14 saisons en France et aux Pays-Bas, le professeur Gouttebarge est l’un des chefs de projet de la Drake Football Study.
L’étude souligne également le lien étroit entre les blessures graves au genou, les interventions chirurgicales et le développement de l’arthrose. Les joueuses ayant subi de telles interventions étaient neuf fois plus susceptibles de souffrir d’arthrose que celles qui n’en avaient pas subi.
« Contrairement à de nombreuses études précédentes reposant sur l’imagerie, cette recherche a utilisé les critères cliniques du NICE (Institut national britannique pour l’excellence en matière de santé et de soins) pour détecter l’arthrose en fonction de la douleur, de la raideur et de la perte de mouvement. »
Professeur Vincent Gouttebarge, directeur médical de la FIFPRO
Le professeur Gouttebarge insiste sur l’importance de la détection précoce :
« L’un des points les plus importants à retenir de cette sous-étude est que la douleur apparaît avant que les analyses ne révèlent des dommages. Cela signifie que l’arthrose n’est pas seulement quelque chose qui se produit après la retraite ou lorsque les radiographies montrent des lésions articulaires – elle peut commencer silencieusement au cours de la carrière d’un athlète. »
Professeur Vincent Gouttebarge, directeur médical de la FIFPRO
La Drake Football Study, lancée en 2019 et coordonnée par la FIFPRO, est un projet de 10 ans qui suit la santé physique et mentale d’environ 170 footballeurs masculins et féminins, de leur carrière active à leur retraite. Au cours des 18 derniers mois, l’étude a déjà publié des données sur l’arthrose du genou et de la hanche chez les joueurs masculins, ainsi que sur les symptômes de santé mentale et la santé gynécologique des joueuses.
L’équipe de recherche prévoit de suivre les participantes pendant 10 ans afin d’observer l’évolution de ces premiers signes d’arthrose et de mieux comprendre les facteurs de risque spécifiques au football féminin. La Drake Football Study est financée par la Fondation Drake et soutenue par les centres médicaux universitaires d’Amsterdam, Mehilainen (Finlande) et Push Sports (Pays-Bas).
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