Publié le 18 octobre 2025 à 18h01. Des scientifiques ont identifié un gène essentiel au bon fonctionnement des cellules productrices d’insuline, dont les mutations peuvent provoquer une forme rare de diabète apparaissant dès la naissance. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre les mécanismes de cette maladie et développer des traitements ciblés.
- Un gène, TMEM167A, est crucial pour la production d’insuline par les cellules bêta du pancréas.
- Des mutations de ce gène peuvent entraîner une forme de diabète néonatal associée à la microcéphalie et à l’épilepsie (syndrome MEDS).
- L’étude de ce gène, grâce aux cellules souches, permet de mieux comprendre les dysfonctionnements des cellules bêta dans diverses formes de diabète.
Une équipe internationale de chercheurs a mis en évidence le rôle déterminant du gène TMEM167A dans le développement d’une forme rare de diabète qui se manifeste chez les nouveau-nés. Les mutations de ce gène empêchent les cellules bêta du pancréas – responsables de la production d’insuline, l’hormone qui régule la glycémie – de fonctionner correctement, conduisant à une carence en insuline.
Cette découverte est le fruit de l’analyse génétique de six bébés diagnostiqués avec un diabète néonatal et une microcéphalie avant l’âge de six mois. Cinq de ces nourrissons présentaient également des crises d’épilepsie. Cette combinaison de symptômes est regroupée sous le nom de syndrome MEDS (Microcéphalie, Épilepsie et Diabète sucré), une affection extrêmement rare, avec seulement 11 cas recensés à ce jour.
Avant cette étude, deux autres gènes, IER3IP1 et YIPF5, étaient déjà associés au syndrome MEDS. Pour qu’un bébé développe cette maladie, il doit hériter de deux copies mutées du gène concerné, une de chaque parent. Les chercheurs ont constaté que le même mode de transmission s’applique aux bébés atteints du syndrome MEDS présentant une variante bloquant l’insuline du gène TMEM167A, ce qui en fait la troisième cause génétique connue de cette pathologie.
Le gène TMEM167A est actif tant dans le pancréas que dans le cerveau, chez les adultes comme chez les nourrissons, et chez l’humain comme chez la souris. Cette présence dans deux organes clés pourrait expliquer pourquoi les bébés atteints de mutations de ce gène présentent des troubles de fonctionnement dans ces deux systèmes.
Pour approfondir leur compréhension de l’impact de la variante génétique TMEM167A sur le diabète, les chercheurs ont supprimé ce gène de cellules souches pluripotentes humaines, puis l’ont remplacé par la version mutée extraite de l’ADN d’un patient atteint du syndrome MEDS. Ces cellules souches ont ensuite été incitées à se différencier en cellules bêta. Les résultats ont montré que, bien que la différenciation se déroule normalement, les cellules bêta produites étaient incapables de libérer de l’insuline en réponse à la présence de glucose. De plus, elles étaient particulièrement vulnérables aux perturbations de leur réticulum endoplasmique, une structure cellulaire essentielle au transport des protéines, ce qui entraînait leur mort.
« Découvrir les modifications de l’ADN qui causent le diabète chez les bébés nous offre un moyen unique de trouver les gènes qui jouent un rôle clé dans la fabrication et la sécrétion de l’insuline. »
Elisa de Franco, généticienne moléculaire à l’Université d’Exeter
Cette recherche, publiée dans le Journal of Clinical Investigation, souligne l’importance du gène TMEM167A dans la fonction des cellules bêta et ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques pour lutter contre le diabète.
La découverte de modifications spécifiques de l’ADN à l’origine de ce type rare de diabète chez six enfants nous a conduit à clarifier la fonction d’un gène peu connu, TMEM167A, montrant comment il joue un rôle clé dans la sécrétion d’insuline.