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Une nouvelle variante du norovirus, à l’origine du rebond mondial des gastro-entérites ces dernières années

Publié le 3 décembre 2025 à 09h01. Une nouvelle étude internationale révèle comment une variante émergente du norovirus, principal responsable des gastro-entérites, s’adapte et se propage avec une efficacité accrue, entraînant une hausse des infections à l’échelle mondiale.…

Une nouvelle variante du norovirus, à l’origine du rebond mondial des gastro-entérites ces dernières années

Publié le 3 décembre 2025 à 09h01. Une nouvelle étude internationale révèle comment une variante émergente du norovirus, principal responsable des gastro-entérites, s’adapte et se propage avec une efficacité accrue, entraînant une hausse des infections à l’échelle mondiale.

  • Une nouvelle variante du génotype GII.17 du norovirus est à l’origine de l’augmentation significative des cas de gastro-entérite observée entre 2023 et 2025.
  • Des mutations spécifiques dans la protéine VP1 du virus améliorent sa capacité à infecter les cellules humaines et à échapper au système immunitaire.
  • La collaboration internationale et la surveillance génomique sont essentielles pour anticiper et prévenir de futures épidémies.

Des chercheurs américains, allemands et espagnols, dont une équipe de l’Institut de Santé Carlos III (ISCIII), ont analysé l’évolution de ce virus particulièrement contagieux. Leurs travaux, publiés dans la revue Communications Nature, mettent en lumière les mécanismes qui permettent à cette nouvelle souche de se propager plus facilement.

Le norovirus est un agent majeur de gastro-entérite aiguë, touchant des personnes de tous les âges. Il se transmet par l’eau, les aliments et les surfaces contaminées, ainsi que par contact direct avec une personne infectée, en particulier dans les lieux clos et fréquentés. Bien que la plupart des infections ne nécessitent pas de traitement, les cas graves, notamment chez les enfants et les personnes âgées, peuvent nécessiter une hospitalisation.

L’étude se concentre sur le génotype GII.17, qui, bien que peu présent historiquement, a commencé à se développer en Asie entre 2013 et 2016, donnant naissance à deux variantes, C et D. Après une période de recul, ce génotype a connu une résurgence notable entre 2023 et 2025, avec une augmentation significative des infections en Europe, dont l’Espagne, et en Amérique.

De gauche à droite : María Cabrerizo, Estrella Ruiz de Pedro, Juan Camacho, María Dolores Fernandez-García et Nerea García/ISCIII.

L’analyse de plus de 1 400 génomes viraux, anciens et récents, a révélé que la résurgence de GII.17 est due à une nouvelle variante étroitement liée à la souche C. Cette variante présente un ensemble de mutations affectant notamment la protéine VP1 de la capside virale, lui conférant une identité génétique distincte. Les chercheurs ont constaté que cette nouvelle variante a d’abord affiché une grande diversité génétique en 2023, qui s’est ensuite réduite en 2024, suggérant une adaptation à une transmission efficace entre les humains.

Les expériences menées par l’équipe ont confirmé que les mutations identifiées dans la protéine VP1 améliorent la capacité du virus à se fixer aux sucres présents sur les cellules humaines, facilitant ainsi l’infection. Ces modifications altèrent également les propriétés antigéniques du virus, lui permettant d’échapper à la reconnaissance du système immunitaire.

Selon les résultats, la nouvelle variante GII.17 présente une plus grande capacité d’adhésion cellulaire et une plus grande polyvalence par rapport aux variantes C et D précédemment observées en Asie. Cette adaptation aurait élargi le spectre des personnes sensibles et contribué à la propagation rapide du virus en Europe et en Amérique. L’analyse de l’évolution virale au sein des individus infectés a révélé que certaines des mutations adaptatives les plus importantes étaient déjà sélectionnées au niveau individuel avant de se propager à la population.

« L’étude montre que la nouvelle variante du norovirus GII.17 a suivi un processus évolutif dynamique, s’adaptant pour infecter plus efficacement les humains. »

María Dolores Fernández-García, chercheuse à l’ISCIII (Centre National de Microbiologie et CIBER)

Les chercheurs soulignent l’importance de la collaboration internationale et de la surveillance génomique pour comprendre l’émergence et l’adaptation des virus, un élément crucial pour la protection de la santé publique. Ils insistent également sur le rôle clé de la protéine VP1 dans le développement de futurs vaccins contre le norovirus. « Connaître l’impact de petites mutations dans VP1 sur la capacité du virus à se lier aux cellules et à échapper à l’immunité naturelle peut aider à concevoir des vaccins plus efficaces et à anticiper les futures variantes », conclut María Dolores Fernández-García.

Pour en savoir plus sur la prévention des infections, notamment par le lavage des mains, consultez les recommandations du Conseil général de l’environnement.


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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.