Publié le 8 novembre 2025 à 13h20. Une forme de pilule du lendemain pourrait offrir une nouvelle voie de prévention du cancer du sein chez les femmes présentant un risque génétique élevé, selon une étude britannique prometteuse.
- L’ulipristal acétate, déjà utilisé comme contraception d’urgence, modifie le tissu mammaire en réduisant sa densité et sa rigidité.
- Cette découverte ouvre la voie à une alternative moins invasive que l’hormonothérapie ou la mastectomie préventive.
- Des recherches plus approfondies sont nécessaires pour confirmer l’efficacité à long terme de ce traitement.
Des chercheurs de l’Université de Manchester ont mis en évidence le potentiel de l’ulipristal acétate, un modulateur sélectif des récepteurs de la progestérone, dans la prévention du cancer du sein chez les femmes porteuses de mutations génétiques prédisposantes. L’étude, publiée dans la revue Nature, suggère que ce médicament pourrait agir en bloquant les effets de la progestérone, une hormone jouant un rôle clé dans le développement de la maladie.
Entre 2016 et 2019, 24 femmes âgées de 34 à 44 ans, toutes identifiées comme étant à haut risque en raison de leur profil génétique, ont participé à l’étude. Elles ont reçu un traitement à base d’ulipristal acétate pendant 12 semaines, suivi de biopsies, d’analyses sanguines et d’examens par imagerie par résonance magnétique (IRM). Les résultats ont révélé une réduction significative de la densité mammaire, particulièrement notable chez les femmes présentant initialement une densité élevée.
« Nous sommes profondément reconnaissants envers les femmes qui ont participé à cette étude. Nos recherches montrent que la progestérone joue un rôle essentiel dans le développement du cancer du sein chez les personnes à haut risque. En bloquant son action, l’ulipristal acétate et d’autres antiprogestatifs pourraient devenir des traitements préventifs prometteurs pour les femmes à risque. »
Dr. Sacha Howell, oncologue à l’Université de Manchester et à l’hôpital Christie
Cette découverte représente une avancée significative pour les femmes confrontées à un risque accru de cancer du sein. Jusqu’à présent, les options disponibles pour réduire ce risque étaient limitées à l’hormonothérapie à long terme – qui peut entraîner des effets secondaires importants – ou à la mastectomie préventive, une intervention chirurgicale radicale. L’ulipristal acétate pourrait offrir une alternative moins invasive et mieux tolérée.
Grace Burton, une Londonienne de 27 ans, a choisi de subir une double mastectomie préventive après avoir découvert à l’âge de 21 ans qu’elle était porteuse de la mutation génétique BRCA1. Elle témoigne de l’impact émotionnel et familial du cancer du sein :
« Le cancer du sein a eu un impact énorme sur ma famille : ma mère et ma tante ont été diagnostiquées. Pour moi, la décision de subir une intervention chirurgicale préventive a été difficile, mais nécessaire. C’est pourquoi cette nouvelle recherche est si importante : elle donne de l’espoir à d’autres femmes qui pourraient un jour disposer d’options moins invasives pour protéger leur santé. »
Grace Burton
Elle ajoute :
« La possibilité de prévenir le cancer du sein avant qu’il ne survienne est incroyable. Cela me fait espérer que les générations futures n’auront pas à prendre les mêmes décisions difficiles et à vivre avec moins de peur. »
Grace Burton
Selon le Dr Simon Vincent, directeur scientifique de l’organisme Cancer Research UK, qui a financé l’étude, il est crucial de trouver de meilleurs traitements pour réduire le risque de cancer du sein sans compromettre la qualité de vie des patientes. Il souligne l’intérêt d’explorer l’utilisation de médicaments existants à des fins préventives.
« Nous avons désespérément besoin de meilleurs traitements pour réduire le risque de cancer du sein qui n’affectent pas la qualité de vie », a-t-il déclaré. « L’exploration des médicaments déjà existants pouvant être utilisés à des fins préventives est essentielle. »
Les chercheurs insistent sur la nécessité de mener des études plus vastes et à long terme pour confirmer l’efficacité de l’ulipristal acétate dans la prévention du cancer du sein chez les femmes présentant un risque génétique accru. Cette recherche pourrait ouvrir la voie à la première thérapie médicamenteuse non invasive pour la prévention de cette maladie, offrant ainsi un nouvel espoir à des milliers de femmes à travers le monde.
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