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Une protéine associée au cancer joue un rôle important dans la cicatrisation des plaies, ont découvert des scientifiques

Publié le 11 décembre 2025 12:08:00. Une protéine jusqu’alors associée à certains cancers pourrait détenir la clé d’une cicatrisation plus rapide et efficace des plaies, selon une équipe de chercheurs américains. Cette découverte ouvre des perspectives thérapeutiques inédites…

Une protéine associée au cancer joue un rôle important dans la cicatrisation des plaies, ont découvert des scientifiques

Publié le 11 décembre 2025 12:08:00. Une protéine jusqu’alors associée à certains cancers pourrait détenir la clé d’une cicatrisation plus rapide et efficace des plaies, selon une équipe de chercheurs américains. Cette découverte ouvre des perspectives thérapeutiques inédites pour les lésions cutanées chroniques et pourrait également éclairer de nouvelles pistes dans la lutte contre les maladies inflammatoires et oncologiques.

  • La protéine SerpinB3, traditionnellement considérée comme un marqueur de cancers agressifs, stimule la régénération de la peau et accélère la cicatrisation.
  • Des expériences en laboratoire ont démontré que l’ajout de SerpinB3 favorise la migration des cellules cutanées et la formation de collagène, comparable à l’effet d’un facteur de croissance épidermique.
  • Cette découverte pourrait conduire à de nouvelles thérapies pour les plaies chroniques, qui touchent plus de 6 millions de personnes aux États-Unis et représentent un coût annuel d’environ 20 milliards de dollars (20,3 milliards d’euros).

L’équipe de l’Arizona State University (ASU) a révélé un rôle insoupçonné de la protéine SerpinB3. Longtemps perçue comme un indicateur de formes graves de cancer et d’inflammations chroniques, cette protéine s’avère également essentielle au processus naturel de réparation cutanée. Les résultats de cette étude, récemment publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), pourraient transformer l’approche thérapeutique des plaies difficiles à soigner.

Les plaies chroniques, souvent liées au diabète, aux brûlures, aux infections ou au vieillissement, constituent un véritable enjeu de santé publique. Aux États-Unis, plus de 6 millions de personnes en sont affectées chaque année, engendrant des coûts considérables, estimés à environ 20 milliards de dollars (20,3 milliards d’euros). La capacité de SerpinB3 à accélérer la cicatrisation offre donc une lueur d’espoir pour améliorer la prise en charge de ces patients.

Les chercheurs du Biodesign Center for Biomaterials Innovation and Translation ont observé que SerpinB3 fait partie intégrante de l’arsenal de guérison naturel du corps. Dans des expériences en laboratoire, l’ajout de cette protéine a accéléré la migration des kératinocytes – les cellules de la peau – vers la zone lésée, favorisant ainsi une fermeture plus rapide de la plaie. Cet effet est comparable à celui du facteur de croissance épidermique (FGE), une substance déjà utilisée pour stimuler la régénération cutanée.

L’étude a également mis en évidence le rôle de SerpinB3 dans la formation d’un tissu cicatriciel solide et structuré. La protéine favorise en effet l’organisation des fibres de collagène, essentielles à la résistance et à l’intégrité de la peau après cicatrisation.

SerpinB3 appartient à une famille de protéines appelées serpines, ou inhibiteurs des sérine protéases, qui régulent des processus biologiques fondamentaux tels que la coagulation sanguine et le contrôle de l’inflammation. Un déséquilibre de ces protéines est souvent associé à diverses pathologies, notamment la fibrose et le cancer.

Découverte pour la première fois en 1977 dans des tissus atteints de cancer du col de l’utérus, SerpinB3 – également connue sous le nom d’antigène du carcinome épidermoïde de type 1 – est utilisée depuis des décennies comme marqueur tumoral pour les cancers de la peau, du poumon et du foie. Cependant, son rôle physiologique normal restait jusqu’à présent méconnu.

« Nous avons constaté que les cellules des zones de guérison de la peau produisent de grandes quantités de cette protéine, ce qui suggère que SerpinB3 fait partie du mécanisme naturel de réparation des dommages épithéliaux du corps, un processus que les cellules cancéreuses ont détourné pour favoriser leur propagation. »

Jordan Yaron, auteur de l’étude

Les chercheurs envisagent désormais d’explorer l’influence de SerpinB3 sur d’autres processus pathologiques, tels que l’inflammation chronique et les métastases tumorales. À terme, ils espèrent développer des thérapies capables de stimuler l’action de cette protéine pour accélérer la cicatrisation des plaies chroniques, ou au contraire de l’inhiber pour freiner la prolifération des cancers agressifs.

Cette étude souligne l’importance de mieux comprendre les mécanismes naturels de réparation du corps pour développer des traitements plus efficaces contre des maladies graves, allant des ulcères chroniques aux tumeurs malignes.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.