Publié le 16 novembre 2025 10:29:00. Une nouvelle thérapie génique, administrée par simple perfusion, pourrait offrir une solution durable contre le mauvais cholestérol, en modifiant de façon permanente l’ADN des cellules hépatiques. Des premiers essais cliniques menés sur 15 patients sont encourageants, mais nécessitent une surveillance à long terme.
- Une seule perfusion de thérapie génique a permis de réduire le mauvais cholestérol (LDL) en moyenne de près de 49 % chez les patients participant à une première étude clinique.
- Cette approche innovante cible un gène spécifique impliqué dans la régulation des graisses dans le sang, en s’inspirant de mutations naturelles qui confèrent une protection contre les maladies cardiovasculaires.
- La sécurité des patients a été la priorité de cette première phase de recherche, avec des effets secondaires légers et un décès non lié au traitement.
Des scientifiques ont mis au point une thérapie expérimentale qui pourrait révolutionner la prise en charge de l’hypercholestérolémie. Cette approche, basée sur la technologie CRISPR-Cas9, vise à modifier de manière permanente le code génétique des cellules du foie, afin d’améliorer la dégradation des graisses et de réduire le taux de mauvais cholestérol (LDL) dans le sang.
L’idée de cette thérapie est née de l’observation de personnes présentant naturellement une anomalie génétique qui leur confère un faible taux de cholestérol tout au long de leur vie et une protection accrue contre les maladies cardiovasculaires. Ces individus ne souffrent d’aucun effet indésirable lié à cette particularité génétique.
La première étude clinique, menée sur 15 patients souffrant d’un taux de cholestérol élevé persistant malgré un traitement médicamenteux, a consisté à administrer différentes doses de thérapie génique par voie intraveineuse. Les résultats, présentés dans le New England Journal of Medicine, sont prometteurs. À la dose la plus élevée, une diminution moyenne de près de 49 % du LDL et de 55 % des triglycérides a été observée deux mois après le traitement. De plus, la production de la protéine qui inhibe la dégradation des graisses a diminué de plus de 70 %.
La technologie CRISPR-Cas9, surnommée « ciseaux moléculaires », permet de couper et de modifier l’ADN avec une grande précision. Dans cette thérapie, les instructions génétiques sont encapsulées dans des globules graisseux qui sont absorbés par les cellules hépatiques. Une fois à l’intérieur, la cellule utilise ces instructions pour désactiver le gène ciblé.
La sécurité des patients a été l’objectif principal de cette première étude. Les effets secondaires observés ont été minimes : trois participants ont présenté de légères réactions pendant la perfusion, telles que des douleurs dorsales et des nausées, qui se sont résorbées après une pause temporaire. Un participant a également présenté une augmentation temporaire des enzymes hépatiques, qui s’est normalisée en deux semaines. Un décès est survenu 179 jours après le traitement à la dose la plus faible, mais les chercheurs ont conclu qu’il n’était pas lié à la thérapie.
Les chercheurs soulignent que cette étude est de petite taille et que le suivi des patients est encore limité. Compte tenu de la nature permanente de la modification de l’ADN, une surveillance à long terme est essentielle. Les participants seront suivis jusqu’à 15 ans afin de détecter d’éventuels effets tardifs. Des études plus vastes seront nécessaires pour confirmer la sécurité et la durabilité de cette nouvelle approche thérapeutique.