Publié le 19 novembre 2025 à 03h38. L’Argentine fait face à une recrudescence inquiétante des cas de syphilis, avec une augmentation de plus de 20 % en un an. Cette résurgence, après une période de relative stabilité, met en lumière des failles dans la prévention et l’information sur les maladies sexuellement transmissibles.
- Plus de 36 000 cas de syphilis ont été enregistrés en Argentine en 2025, soit une hausse de 20,5 % par rapport à l’année précédente.
- La province de Catamarca est particulièrement touchée, avec un triplement des cas au cours des trois dernières années.
- Le manque de perception du risque et la faible utilisation du préservatif, notamment chez les jeunes, sont pointés du doigt comme des facteurs clés de cette épidémie.
La syphilis, longtemps considérée comme une maladie du passé, est en train de redevenir un problème de santé publique majeur en Argentine. Les chiffres récents, publiés ce mercredi 19 novembre, révèlent une tendance alarmante qui s’observe depuis 2011, avec une brève interruption en 2020 et 2021, période durant laquelle les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 avaient temporairement freiné la propagation des maladies sexuellement transmissibles (MST).
Selon les données disponibles, le pays a enregistré jusqu’à présent en 2025 plus de 36 000 notifications de cas de syphilis, ce qui représente une augmentation significative de 20,5 % par rapport à l’année précédente. Cette progression s’inscrit dans une dynamique observée depuis plus d’une décennie, et rappelle que la vigilance ne doit jamais être relâchée face à cette infection.
La province de Catamarca illustre particulièrement cette situation préoccupante. Les cas de syphilis y ont triplé au cours des trois dernières années. En 2024 seulement, 743 tests se sont révélés positifs sur 4 176 tests rapides effectués. Pour une province à la population relativement modeste, ces chiffres témoignent d’une circulation virale élevée et nécessitent une réponse rapide et coordonnée.
Cette résurgence de la syphilis n’est pas un phénomène isolé. Elle s’inscrit dans un contexte plus large de changements de comportements en matière de sexualité. La peur du VIH, qui avait conduit à une utilisation accrue du préservatif dans les années 1980 et 1990, a diminué avec l’amélioration des traitements et l’allongement de l’espérance de vie des personnes séropositives. Cette « normalisation » a entraîné un relâchement des comportements préventifs et une recrudescence d’autres MST, dont la syphilis.
Il est important de souligner que la syphilis est une maladie potentiellement grave, mais facilement traitable grâce aux antibiotiques. Le paradoxe réside dans le manque de perception du risque et le manque d’information sur les modes de transmission et les moyens de prévention. La faible utilisation du préservatif, en particulier chez les jeunes, contribue également à la propagation de l’infection.
Face à cette situation, il est essentiel que les autorités sanitaires, les institutions et les organisations communautaires renforcent les campagnes de sensibilisation et d’information sur la syphilis et les autres MST. Le dépistage rapide est un outil précieux pour identifier les personnes infectées et les orienter vers un traitement approprié. Il est crucial de rappeler que la syphilis n’est pas une maladie du passé, mais une urgence de santé publique qui nécessite une action immédiate.