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USA: début des délibérations au procès de BNP Paribas lié aux violences au Soudan | TV5MONDE

Un jury new-yorkais délibère sur le rôle de la BNP Paribas dans les atrocités commises au Soudan, soupçonnée d'avoir indirectement financé le régime d'Omar el-Béchir en facilitant des transactions commerciales. Trois plaignants soudanais, désormais citoyens américains, témoignent d'avoir…

Un jury new-yorkais délibère sur le rôle de la BNP Paribas dans les atrocités commises au Soudan, soupçonnée d’avoir indirectement financé le régime d’Omar el-Béchir en facilitant des transactions commerciales. Trois plaignants soudanais, désormais citoyens américains, témoignent d’avoir été victimes de violences extrêmes pendant la guerre du Darfour.

Après un procès de près d’un mois, débuté le 9 septembre, le jury a commencé jeudi à examiner si la banque française a contribué aux exactions perpétrées par l’armée et les milices Janjawid au Soudan. Les plaignants, deux hommes et une femme, ont relaté des témoignages poignants : emprisonnements, tortures, coups, brûlures au cigare, blessures à l’arme blanche et, pour l’une d’entre elles, violences sexuelles. Ils affirment que ces atrocités ont été commises par des soldats soudanais et des miliciens Janjawid, soutenus et équipés par le gouvernement de Khartoum, tandis que leurs biens étaient pillés ou détruits.

Dans sa plaidoirie finale, l’avocat des plaignants, David DiCello, a accusé BNP Paribas d’avoir « secouru, protégé, alimenté et soutenu illégalement l’économie d’un dictateur ». Il a affirmé que la banque avait « soutenu un nettoyage ethnique et anéanti l’existence » de ses clients, tout en reconnaissant que BNP Paribas n’était pas la seule responsable, mais « l’une des raisons » de leur souffrance.

La BNP Paribas a opéré au Soudan de la fin des années 1990 à 2009, fournissant des lettres de crédit pour des contrats d’import-export. Ces lettres garantissaient aux vendeurs qu’ils seraient payés même en cas de défaut de l’acheteur, ce qui, selon la banque, ne s’est jamais produit. Les plaignants soutiennent que ces transactions ont permis au régime soudanais d’engranger des milliards de dollars de devises étrangères, contribuant ainsi à financer la violence contre sa propre population.

La défense, représentée par Barry Berke, a contre-argumenté que les plaignants n’avaient pas prouvé la responsabilité de BNP Paribas. M. Berke a déclaré que les souffrances des plaignants auraient été les mêmes, même en l’absence de la banque, car le Soudan aurait continué à vendre son pétrole et le régime aurait continué à violer les droits humains. Il a également souligné que les opérations incriminées étaient autorisées en Europe et que des institutions internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI), collaboraient avec le Soudan à cette époque.

Selon les Nations unies, le conflit au Darfour (ouest du Soudan) a causé la mort de 300 000 personnes et déplacé près de 2,5 millions de personnes entre 2002 et 2008. Omar el-Béchir, qui a dirigé le Soudan d’une main de fer pendant trois décennies, a été destitué en 2019 et est actuellement recherché par la Cour pénale internationale pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

« Cette affaire très importante a révélé le secret qu’une banque internationale, BNP Paribas, a secouru, protégé, alimenté et soutenu illégalement l’économie d’un dictateur », a déclaré David DiCello, avocat des plaignants.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.