Home SantéUsbek & Rica – « Psychose ChatGPT » : les IA font-elles sombrer notre santé mentale ?

Usbek & Rica – « Psychose ChatGPT » : les IA font-elles sombrer notre santé mentale ?

by Sophie Martin

L’essor rapide de l’intelligence artificielle suscite des inquiétudes croissantes quant à son impact sur la santé mentale. Des témoignages isolés font état de personnes convaincues que les IA sont conscientes, voire développant des troubles psychologiques après des interactions prolongées, mais l’ampleur réelle du phénomène reste difficile à évaluer.

Selon le professeur Andrew McStay, directeur du Laboratoire d’IA émotionnelle au Canada, une dissonance existe entre la prise de conscience individuelle des risques et les stratégies mises en œuvre par les entreprises du secteur. « La plupart estiment qu’au niveau individuel, il y a un problème, mais ça ne se reflète pas dans les décisions structurelles des entreprises », déplore-t-il. Mustafa Suleyman, le PDG de Microsoft IA, a d’ailleurs exprimé publiquement ses propres préoccupations.

Bien que certains cas aient fait la une des journaux, le phénomène reste limité et difficile à quantifier. Une enquête menée par Libération auprès d’une dizaine de professionnels de la santé mentale et d’une vingtaine d’associations en France n’a révélé aucun cas local à ce stade. « Sans être alarmistes, nous devons rester attentifs au sujet car il se passe quelque chose », souligne Andrew McStay, qui reçoit quotidiennement des messages de personnes persuadées de la conscience des IA.

Les personnes concernées par ces troubles présentent souvent des antécédents de problèmes psychiques, neurodéveloppementaux ou psychologiques. Il semble donc plus juste de parler de déclenchement d’états psychotiques chez des individus souffrant déjà d’anxiété chronique, de schizophrénie, de troubles bipolaires, de troubles de l’humeur, de TDAH ou de dépression, plutôt que d’une « psychose générée par IA ». Allan Brooks, par exemple, a consulté une thérapeute après une expérience troublante avec une IA, craignant d’avoir révélé une vulnérabilité psychotique. L’évaluation de la psychologue n’a cependant révélé aucun diagnostic.

« Il ne semble pas que ces systèmes créent entièrement des maladies, plutôt qu’ils jouent un rôle déclencheur », confirme Andrew McStay. La question de savoir pourquoi les IA peuvent avoir cet effet reste ouverte, mais les experts insistent sur la nécessité d’une vigilance accrue face à ces nouvelles interactions homme-machine.

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