Publié le 8 octobre 2025. Les taxis de La Réunion ont annoncé le déploiement de barrages filtrants dans toute l’île ce mercredi, après une journée de mobilisation devant la préfecture de Saint-Denis et l’échec de négociations avec l’assurance maladie concernant la nouvelle convention de transport sanitaire.
- Plus de 350 taxis se sont rassemblés mardi devant la préfecture pour dénoncer une convention jugée préjudiciable à la profession et aux patients.
- La principale revendication des chauffeurs est l’application intégrale du décret signé en mai avec l’État et la Caisse générale de sécurité sociale (CGSS), notamment un forfait de 15 euros par course.
- Plus de 7 000 patients ont été privés de transport sanitaire en raison du mouvement de grève.
La grogne des taxis réunionnais s’intensifie face à une nouvelle convention de transport sanitaire imposée par l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam). Les professionnels dénoncent une proposition qu’ils estiment inacceptable, menaçant la viabilité de leurs entreprises et la qualité du service rendu aux patients.
Selon Grégory Tréport, président de la Fédération réunionnaise des artisans taxis (FRAT), la situation est critique.
« On sera satisfait quand nous aurons rencontré le directeur de la caisse nationale, Thomas Fatome et qu’il aura compris les difficultés dans lesquelles nous sommes et pourquoi nous le faisons. »
Grégory Tréport, président de la FRAT
Il déplore l’absence de réponse concrète de la part des autorités et l’absence d’une date de réunion promise.
« On a patienté tout l’après-midi pour avoir l’horaire de la réunion de mercredi, qu’on ne nous a jamais donné. Ça nous amène à changer de mode de mobilisation. »
Grégory Tréport, président de la FRAT
Les barrages filtrants, annoncés dans le sud, l’ouest et à Saint-Denis, visent à sensibiliser la population à la situation et à faire pression sur les décideurs. Les taxis demandent notamment l’application du forfait de 15 euros, similaire à celui accordé aux grandes villes métropolitaines et à certains départements, alors que La Réunion se voit proposer un montant de seulement 3 euros.
« 3 euros c’est du mépris total. »
Grégory Tréport, président de la FRAT
Ils estiment que ce montant ne prend pas en compte les spécificités de l’île, notamment son relief accidenté et le taux élevé de diabète de type 2.
Un autre point de friction concerne la mise en place d’un “numérus clausus” limitant le nombre de taxis conventionnés, ce qui, selon les professionnels, risque d’aggraver l’accès aux soins pour les patients. La nouvelle convention prévoit également le transport partagé pouvant aller jusqu’à huit personnes par taxi, une mesure jugée inadaptée aux besoins des patients et susceptible d’allonger les temps d’attente.
La grève des taxis, qui a débuté lundi avec une journée “blanche”, a déjà eu des conséquences importantes sur le transport sanitaire, privant plus de 7 000 patients de leurs rendez-vous médicaux. À La Réunion, le transport sanitaire en taxi représente plus de 500 taxis conventionnés et plus de 85 000 usagers par an, soit près d’un million de courses annuelles. L’intersyndicale des taxis doit signer un protocole d’accord avec la caisse de La Réunion le 8 octobre, et les 481 sociétés de taxis doivent adhérer à une convention qu’ils rejettent avant le 31 octobre.
Selon le ministère de la Santé, la prise en charge des trajets des malades coûte 6,8 milliards d’euros à la Sécurité sociale en France. Rapport du ministère de la Santé sur les transports sanitaires (PDF)
Article sur la réception des organisations réunionnaises par la CGSS et la préfecture
Article sur la mobilisation des taxis et les engagements du gouvernement
ma.m/www.imazpress.com/[email protected]
