Publié le 2025-11-10 01:49:00. Le daratumumab, un traitement innovant, vient d’obtenir l’approbation des autorités sanitaires européennes et américaines pour la prise en charge du myélome multiple latent à haut risque, offrant ainsi une nouvelle option thérapeutique pour les patients concernés.
- Le daratumumab retarde significativement la progression vers un myélome actif et les dommages aux organes.
- Les essais cliniques démontrent une amélioration de la survie globale et de la survie sans progression (SSP) chez les patients traités.
- Cette thérapie de durée limitée pourrait permettre de différer le recours à un traitement plus intensif et prolongé.
Selon le professeur Vincent Rajkumar, de la Mayo Clinic de Rochester et rédacteur en chef du Blood Cancer Journal, les résultats de l’essai randomisé AQUILA sont prometteurs. Le daratumumab a démontré sa capacité à prolonger le délai avant l’apparition d’un myélome actif, à limiter les atteintes aux organes et à retarder la nécessité d’un traitement plus agressif. De plus, les patients traités ont présenté une amélioration de leur survie globale et de leur survie sans progression (SSP).
Ce traitement, d’une durée limitée à trois ans, représente une avancée significative dans la prise en charge du myélome multiple latent à haut risque. Le myélome multiple est une maladie hématologique complexe, et le traitement complet, lorsqu’il devient nécessaire, est souvent lourd : il implique une chimiothérapie initiale combinée à quatre médicaments, une éventuelle greffe de cellules souches pour les patients éligibles, et un traitement d’entretien prolongé. Retarder l’instauration de ce traitement intensif est donc un avantage considérable pour les patients.
Cependant, le professeur Rajkumar souligne l’importance d’une surveillance étroite des patients. Bien que l’idée de retarder le traitement complet puisse sembler séduisante, il met en garde contre le risque de manquer des signes de progression de la maladie, ce qui pourrait conduire à un diagnostic tardif et à un traitement moins efficace. Il note que, dans la pratique clinique réelle, il peut être difficile de maintenir le même niveau de surveillance que dans le cadre des essais cliniques.
La définition précise du myélome multiple latent à haut risque est également un point important. Les critères d’évaluation évoluent avec le temps. L’essai AQUILA a recruté des patients entre 2017 et 2019, tandis que la Mayo Clinic a développé ses critères 20-2-20 en 2018, validés par le Groupe de travail international sur le myélome (IMWG) et publiés en 2020. Les résultats de l’essai AQUILA s’appliquent donc aux patients définis comme à haut risque selon le système IMWG 20-2-20 de Mayo 2018. Ce système identifie un myélome latent à haut risque lorsque l’un des trois critères suivants est rempli : un taux élevé de plasmocytes médullaires (> 20 %), un pic M > 2 g/dl et un rapport de chaînes légères libres > 20.
Certains experts estiment que les patients atteints d’un myélome latent à haut risque, en particulier ceux présentant des niveaux élevés d’atteinte médullaire, devraient être traités comme s’ils étaient atteints d’un myélome multiple actif. Le professeur Rajkumar n’est pas encore convaincu par cette approche et préconise d’attendre les résultats d’essais cliniques en cours qui comparent l’efficacité de la monothérapie (comme celle utilisée dans AQUILA) à un traitement de type myélome.
Pour en savoir plus sur l’essai clinique, vous pouvez consulter l’article complet publié dans le New England Journal of Medicine. Vous trouverez également des informations complémentaires sur le modèle de stratification des risques du Groupe de travail international sur le myélome.
Enfin, vous pouvez consulter un article précédent sur l’approbation du daratumumab par la FDA.
