La journée du 17 octobre 2026 a rassemblé entre 550 000 et 800 000 manifestants en France contre la vie chère et les services publics, tout en dégénérant en pillages massifs autour de la place de la République à Paris.
Le cortège officiel s’est ébranlé samedi 17 octobre 2026 entre la place de la République et la place de Clichy. Des milliers de personnes y ont exprimé des colères multiples. Mais en marge de ce parcours de plus de trois kilomètres, des groupes de casseurs cagoulés ont pris le contrôle de plusieurs rues du 11e arrondissement, transformant les abords de la place de la République, le boulevard Voltaire et la rue Oberkampf en zones de dévastation.
Des magasins pillés en série autour de la République
Dans les rues étroites entre la place de la République et la place de Bastille, dès la fin de l’après-midi, des magasins ont été pris pour cible sans intervention policière immédiate. Les assaillants ont brisé les rideaux métalliques des enseignes pour s’emparer de cigarettes, de vêtements, de bijoux, de lunettes de soleil et de denrées alimentaires.
🚨 EN DIRECT – La situation DÉGÉNÈRE à Paris. pic.twitter.com/HTd4i5hhqW
Le supermarché Franprix de la rue Beaurepaire et une enseigne Picard figurent parmi les établissements lourdement touchés. Dans certaines boutiques, les pilleurs ont fracassé les caisses enregistreuses au sol avant de découvrir qu’elles étaient vides. Le maire de la capitale, Emmanuel Grégoire, a déploré des rues entières méthodiquement ravagées.
Tensions et lacrymogènes face aux casseurs
Les forces de l’ordre ont réagi aux jets de projectiles par des tirs de gaz lacrymogène, des charges et l’utilisation de canons à eau. Le ministère de l’Intérieur, dirigé par Laurent Nuñez, a communiqué un bilan provisoire de 110 000 manifestants à Paris et 550 000 à l’échelle nationale, tandis que les organisateurs évaluaient la mobilisation à 800 000 participants.
Face aux violences en cours à Paris, je suis mobilisé au sein de la cellule de crise de la Ville, aux côtés de Lamia El Aaraje. (1/3) pic.twitter.com/zGa167Ntaz
Des vélos en libre-service ont été transformés en barricades enflammées, leurs batteries explosant sur la chaussée. Un restaurateur du quartier, Arthur, a témoigné de la violence de ces affrontements :
Ils ont pris tout ce qu’ils pouvaient ramasser pour le balancer sur les forces de l’ordre. Ils ont pris des vélos pour faire des barrages, ils ont foutu le feu à tout un tas de vélos en libre-service qui ont complètement explosé avec les batteries.
Arthur, restaurateur riverain, via Europe 1
Revendications sociales et mémoire du 17 octobre 1961
De nombreux manifestants ont brandi des pancartes contre la vie chère et la destruction des services publics, à l’instar de Johanna, infirmière venue réclamer plus de moyens alloués à l’hôpital public.

La date du 17 octobre commémorait la répression meurtrière de la manifestation pacifique d’Algériens à Paris en 1961. Plusieurs participants, arborant des pancartes rappelant cet événement historique, ont établi un parallèle entre les luttes d’hier et les tensions sociales actuelles.
Un bilan de 1 200 interpellations dans le pays
Les services d’incendie sont intervenus à de multiples reprises dans la nuit pour éteindre des poubelles en feu et sécuriser les façades des immeubles endommagés autour de la place de la République et du boulevard Magenta, tandis que les autorités ont fait état de 855 interpellations à Paris et de 1 200 interpellations policières au total dans l’ensemble du pays.
Aucune place pour la violence dans notre République.Ceux qui ont cassé, attaqué les préfectures comme les commerces, pillé jusqu’à nos mairies, seront poursuivis et punis.Aux forces de l’ordre, garantes du droit à manifester, je dis le soutien de la Nation.Nous ferons tous…
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À Paris, un cortège dense défile au calme depuis une heure boulevard Magenta. Jeune, actif, inondé de pancartes faites main. pic.twitter.com/W3ulfW0BW0