Home NouvellesVishnu Deo Sai : Bastar s’élève au-delà de ses cicatrices

Vishnu Deo Sai : Bastar s’élève au-delà de ses cicatrices

by Nicolas Lefèvre

Publié le 1er novembre 2025 21h11 HNE. Après des décennies de violence et d’isolement, la région de Bastar, au Chhattisgarh, connaît une transformation profonde grâce à une stratégie combinant efforts de sécurité et développement socio-économique.

  • La paix revient progressivement dans la région, permettant l’accès aux marchés, à l’éducation et aux services sociaux pour les populations tribales.
  • Le gouvernement central, sous la direction du Premier ministre Narendra Modi, a renforcé son soutien pour mettre fin à la violence maoïste, en lien avec les célébrations du 75e anniversaire du Premier ministre et du 25e anniversaire de l’État du Chhattisgarh.
  • L’amélioration de l’accès aux soins de santé, à l’eau potable et à la connectivité numérique transforme la vie quotidienne des habitants de Bastar, notamment des femmes et des jeunes.

Longtemps plongée dans la violence et l’isolement, la région de Bastar, au cœur tribal du Chhattisgarh, connaît aujourd’hui un regain d’espoir. Pendant des années, cette zone a été le théâtre d’affrontements entre les forces de l’ordre et les groupes maoïstes, entravant le développement et privant les populations locales d’un avenir stable. Aujourd’hui, le vent tourne : les agriculteurs retrouvent l’accès aux marchés, les enfants peuvent aller à l’école sans crainte et les familles bénéficient de prestations sociales qui leur semblaient inaccessibles.

Ce changement est le fruit d’une action concertée. Le gouvernement central, sous l’impulsion du Premier ministre Narendra Modi, a mis en œuvre un soutien total pour mettre fin à la violence maoïste. Ce moment revêt une signification particulière, coïncidant avec le 75e anniversaire du Premier ministre et les 25 ans de l’État du Chhattisgarh en novembre. Ces jalons rappellent que la revitalisation de Bastar est un succès à la fois national et régional.

Le rétablissement de la paix a été la condition préalable à cette transformation. Les routes, autrefois synonymes de danger, transportent désormais des bus vers les marchés. Les postes de police, perçus comme des symboles d’autorité, se muent en lieux d’accueil pour des camps de santé, des événements sportifs et des activités culturelles. Il n’est plus rare de voir des enfants jouer au football aux côtés des forces de l’ordre, ou des villageois se rassembler pour la distribution de vivres. Ces liens humains ont brisé les barrières de méfiance et affaibli l’influence des maoïstes.

Mais la paix ne se limite pas à l’absence de conflit ; elle implique également la présence d’opportunités. Les habitants mesurent le changement à l’aune de la possibilité pour leurs enfants d’étudier, pour leurs mères de recevoir des soins médicaux et nutritionnels, et de travailler dans la dignité. À Bastar, ces aspirations commencent à se concrétiser.

Pendant des années, le manque d’écoles a privé les enfants des communautés tribales d’un avenir au-delà de la simple survie. Ce n’est plus le cas. Les centres Anganwadi sont de nouveau opérationnels, fournissant nourriture et soins. Les filles étudient dans des écoles modèles et des foyers Eklavya. Des bourses d’études leur ouvrent les portes des universités. La formation professionnelle dispensée dans les ITI (Instituts de formation industrielle) et les centres locaux prépare les jeunes hommes et femmes à des emplois qualifiés. Lors de rencontres avec des étudiants à Dantewada ou à Narayanpur, dans la région de Bastar, leur confiance est plus éloquente que n’importe quel rapport. Ils ne rêvent plus de quitter Bastar, mais de contribuer à son développement.

Les femmes sont au cœur de ce nouveau Bastar. Des groupes d’auto-assistance vendent des feuilles de tendu, du tamarin et d’autres produits forestiers à des prix équitables. Les « haats », ou marchés communautaires, revivent, reliant artisans et acheteurs. De petites entreprises de transformation alimentaire, de couture et d’artisanat sont gérées avec détermination. Il ne s’agit pas seulement d’activités économiques, mais aussi d’affirmation de soi. Une femme qui tire profit de ses compétences nourrit non seulement sa famille, mais inspire également son village.

Accès aux soins de santé

L’accès aux soins de santé était autrefois le principal défi. Les villageois devaient souvent parcourir de longues distances pour atteindre un hôpital. Aujourd’hui, les sous-centres de santé et les unités mobiles se rendent au cœur des forêts. Les Poshan Vatikas (jardins nutritionnels) à Dantewada et Bijapur sensibilisent à une alimentation saine. La télémédecine permet aux familles tribales de consulter des médecins à des kilomètres de distance. Des mères à Bijapur ont exprimé leur soulagement de voir leurs enfants vaccinés. Pour elles, ce n’est pas seulement un service, mais l’espoir d’une vie plus saine pour leurs enfants. Le hissement du drapeau tricolore dans des villages reculés, ainsi que l’arrivée de l’électricité et des centres de santé dans des zones auparavant isolées, sont également des symboles forts.

À Puvarti, un village isolé de Sukma, autrefois connu comme le lieu de naissance du leader maoïste Hidma, un hôpital gouvernemental est en construction. Une équipe médicale a même soigné la mère âgée de Hidma après l’établissement d’un camp de sécurité l’année dernière.

L’eau courante arrive dans les villages

L’accès à l’eau potable et à la connectivité a également été un tournant. La mission Jal Jeevan a apporté l’eau courante aux villages, même dans les régions les plus reculées comme Abujhmad. Des pompes solaires fonctionnent désormais dans des hameaux récemment électrifiés. Les routes s’améliorent progressivement, mais c’est l’accès numérique qui transforme la vie des jeunes. Une jeune fille de Narayanpur peut désormais suivre des cours en ligne, sa famille peut vendre ses produits sur des marchés plus vastes et les services bancaires sont à portée de main. Ce rapprochement des distances témoigne de la fin de l’isolement de Bastar. L’électricité illumine des vies là où l’obscurité symbolisait autrefois la peur. Le 26 janvier 2025, jour de la République, le village de Chilkapalli, à Bijapur, a été électrifié pour la première fois. En mars 2025, des villages comme Temenar et Pusukonta ont été connectés, suivis par Handawada à Abujhmad en avril. À chaque connexion, la lumière a remplacé la peur et l’insécurité.

Derrière chaque statistique se cache une histoire humaine. À Kondagaon, la jeune entrepreneure Ragini Jaiswal dirige une unité de nutrition qui fournit des repas aux femmes et aux enfants. À Narayanpur, des filles tribales formées à la couture confectionnent des uniformes scolaires. Ce ne sont pas des cas isolés, mais le reflet d’une vague plus large d’autonomisation. Bastar ne se contente pas d’attendre que d’autres définissent son avenir ; ses habitants prennent les choses en main. Avec une confiance et une stabilité croissantes, la région montre également qu’elle est prête à investir dans une économie responsable qui valorise ses atouts locaux.

À Bastar, l’idée du projet « Niyad Nellanar » – « Mon propre village » en gondi – prend forme. Cela signifie qu’aucun foyer n’est laissé pour compte, que ce soit en termes d’accès à la nourriture, à l’éducation, aux moyens de subsistance ou à la dignité. En tant que ministre en chef, je considère qu’il est de ma responsabilité de veiller à ce que l’État soutienne et autonomise les citoyens, afin qu’ils puissent réaliser leurs aspirations. Notre objectif d’éliminer la violence maoïste d’ici mars 2026 ne sera pas atteint uniquement par des opérations de sécurité, mais aussi en élargissant les opportunités et en améliorant le bien-être de la population. Grâce à cette initiative, des infrastructures de base telles que les routes, les écoles, les centres de santé et les réseaux de communication atteignent les coins les plus reculés. Dans 327 villages situés à moins de cinq kilomètres des camps de sécurité, 81 090 cartes Aadhaar et 49 239 cartes Ayushman ont été délivrées. De plus, 5 885 familles bénéficient du Kisan Samman Nidhi et 2 355 personnes ont accès au programme Ujjwala Yojana. Plus de 98 000 personnes ont accès à des céréales alimentaires gratuites grâce à des cartes de rationnement. Ces villages ont également vu la construction de 21 routes praticables toute l’année, l’installation de 635 nouvelles antennes relais, l’ouverture de 18 nouveaux magasins de rationnement à prix équitable et la création de neuf nouveaux centres de santé secondaires. La portée de ce programme a désormais été étendue à un rayon de 10 kilomètres.

Pour la première fois, le drapeau tricolore a été hissé dans 29 villages de Bijapur, Narayanpur et Sukma, où le drapeau rouge maoïste était autrefois un symbole de peur. Des villages tels que Kondapalli, Jidapalli, Wathewagu, Karregutta, Pidia, Pujarikanker et Bhimaram à Bijapur ; Garpa, Kachhapal, Bedmakotti, Kandulnar et Raynar à Narayanpur ; et Gomguda, Gollakunda, Nulkatong et Uskawaya à Sukma ont été témoins du drapeau national pour la toute première fois – une étape historique d’intégration et de fierté.

L’un des habitats les plus anciens du pays, Bastar possède la culture et la civilisation tribales les plus riches. Son histoire est bien documentée. Mais au cours des dernières décennies, la violence maoïste, utilisant des armes à feu, des explosifs et des mines terrestres, a perturbé, tué et détruit les personnes les plus épris de paix. Nous avons surmonté cette situation violente à un rythme rapide. Nous nous engageons également à restaurer sa précieuse culture.

Cette année revêt une signification particulière. Alors que le Chhattisgarh fête ses 25 ans, Bastar entre également dans un nouveau chapitre. Son histoire – du conflit à la confiance, de la peur à la dignité – est la preuve que la démocratie, lorsqu’elle est associée à la paix et au développement inclusif, peut guérir même les blessures les plus profondes. Pour notre État, c’est la fin d’une longue ombre. Pour la nation, c’est l’assurance qu’une de ses régions les plus fragiles se transforme en un centre de force. La paix de Bastar n’est pas seulement la réussite de notre État : c’est le gain de l’Inde et le succès de notre démocratie.

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