Le désordre est-il une source de conflit dans les foyers suisses ? Une nouvelle étude menée pour le compte d’Ikea révèle que la propreté, ou son absence, a un impact significatif sur notre bien-être et nos relations, allant jusqu’à influencer nos habitudes à table et notre perception de l’intimité.
L’étude, qui a interrogé près de 1 500 personnes à travers le pays, met en lumière des différences notables entre les régions linguistiques et les comportements individuels. Elke Reitmayer, architecte et experte en psychologie résidentielle, décrypte les résultats pour nous.
Selon l’étude, 40 % des personnes interrogées avouent nettoyer rapidement avant l’arrivée d’une aide ménagère, avouant ainsi un besoin de donner une bonne impression. Mais ce besoin de propreté va bien au-delà : « Une pièce en désordre envoie littéralement un message à notre cerveau, une invitation à l’action constante qui peut générer stress et distraction », explique Elke Reitmayer. Elle recommande d’identifier les « déclencheurs visuels » – jouets, objets éparpillés – qui perturbent notre quête de calme intérieur.
L’étude révèle également des divergences régionales surprenantes. Les Suisses alémaniques semblent plus tolérants en matière de fermeture des portes de toilettes que leurs homologues romands, une différence attribuée aux influences culturelles et aux traditions. De même, l’utilisation du téléphone portable pendant les repas est perçue comme une source de distraction, en particulier dans les espaces de vie ouverts.
« L’équilibre entre les espaces actifs – cuisine, salon – et les espaces passifs est crucial », souligne l’experte. Elle préconise une conception de l’environnement qui favorise la convivialité, en limitant les distractions comme les écrans, tout en reconnaissant l’importance de maintenir un lien entre la cuisine et la salle à manger pour favoriser l’apprentissage et le partage.
L’étude aborde également la répartition des tâches ménagères, notant que les femmes ont tendance à analyser et à planifier davantage que les hommes. « Les femmes perçoivent l’environnement différemment et relient les tâches de manière plus complexe, ce qui peut les rendre plus sensibles au désordre », observe Elke Reitmayer.
Enfin, l’étude confirme que les toilettes restent un lieu de retraite, où l’intimité est souvent privilégiée, en particulier dans les foyers partagés. La réticence à recevoir des invités, un trait souvent associé à la culture suisse, est également soulignée par l’experte.
