Publié le 2024-02-29 14:15:00. Une consommation matinale de café, souvent perçue comme anodine, peut en réalité interférer avec l’efficacité de certains médicaments et amplifier leurs effets secondaires, alertent médecins et pharmaciens.
- La caféine peut réduire l’absorption de médicaments pour la thyroïde de 30 à 60 %.
- Les médicaments contre le rhume et la grippe, ainsi que ceux pour le TDAH et l’asthme, peuvent voir leurs effets stimulants exacerbés par la caféine.
- Certains antidépresseurs peuvent augmenter la concentration de caféine dans l’organisme, intensifiant ses effets.
Pour beaucoup, le café est un rituel matinal aussi essentiel que la prise de médicaments. Pourtant, cette association courante peut avoir des conséquences insoupçonnées sur la santé. Des professionnels de la santé mettent en garde contre les interactions potentielles entre la caféine et divers traitements pharmaceutiques, soulignant que la caféine peut modifier la manière dont les médicaments sont absorbés, métabolisés ou agissent sur l’organisme.
L’un des exemples les plus frappants concerne les médicaments prescrits pour les troubles de la thyroïde, comme la lévothyroxine. La caféine peut diminuer l’absorption de ces comprimés d’une proportion significative, allant de 30 à 60 %, compromettant ainsi l’efficacité du traitement. Les recommandations actuelles préconisent d’attendre au moins 30 à 60 minutes après la prise du médicament avant de consommer du café. Une étude de cas rapportée dans une revue médicale a même démontré qu’un simple décalage d’une heure suffisait à normaliser les taux thyroïdiens d’un patient.
L’attention doit également être portée aux remèdes contre le rhume et la grippe. Nombre de ces préparations contiennent déjà de la caféine ou des stimulants tels que la pseudoéphédrine. Ajouter une consommation de café supplémentaire peut alors entraîner des palpitations cardiaques, de l’agitation et des troubles du sommeil. Des interactions similaires existent avec les médicaments utilisés pour traiter le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et certains traitements contre l’asthme, comme la théophylline, où les effets stimulants se cumulent, augmentant le risque d’accélération du rythme cardiaque et d’insomnie.
Les analgésiques et les antidépresseurs ne sont pas non plus à l’abri de ces interactions. Certains analgésiques combinés, contenant du paracétamol ou de l’aspirine, incluent déjà un apport supplémentaire de caféine. Si une tasse de café peut accélérer le soulagement de la douleur, elle augmente également le risque d’irritations gastriques ou d’une sensation d’inconfort. Concernant les antidépresseurs, certains, comme la fluvoxamine, inhibent la dégradation de la caféine, ce qui signifie que la même quantité de café peut avoir un effet beaucoup plus puissant qu’à l’ordinaire.
Enfin, les personnes traitées pour l’hypertension artérielle ou le diabète doivent également être vigilantes. La caféine peut provoquer une augmentation temporaire de la tension artérielle et de la glycémie, ce qui peut nuire à l’efficacité de leurs médicaments. Il est donc crucial, pour toute personne suivant un traitement médicamenteux, de poser une question simple à son médecin ou à son pharmacien : ma consommation de café est-elle compatible avec ma prescription ?
À lire aussi
