Les cliniques cardiaques hospitalières sont confrontées à une pression financière croissante, due à la baisse des remboursements et à l’évolution des modèles de prise en charge. Pour survivre et prospérer, elles doivent impérativement optimiser leurs opérations et diversifier leurs services.
Le secteur de la surveillance cardiaque et de la gestion du rythme cardiaque devrait atteindre 26,4 milliards de dollars (environ 24,5 milliards d’euros) d’ici 2029, tiré par la prévalence élevée des maladies cardiovasculaires et l’adoption croissante des technologies de surveillance à distance. Cependant, cette croissance potentielle est menacée par deux facteurs majeurs : les réductions possibles des programmes Medicaid et des subventions d’assurance maladie, ainsi que le transfert croissant des procédures cardiovasculaires vers les centres de chirurgie ambulatoire (ASC).
Pour faire face à ces défis, les cliniques adoptent de plus en plus quatre stratégies clés. La première consiste à réduire le volume d’alertes non pertinentes générées par la surveillance à distance des dispositifs électroniques implantables cardiaques (CIED). Ces alertes peuvent submerger le personnel clinique et contribuer à l’épuisement professionnel. Les cliniques les plus performantes mettent en place des règles d’alerte spécifiques, basées sur les caractéristiques de l’appareil, le profil clinique du patient et les protocoles approuvés. Cela permet aux techniciens de se concentrer sur les cas nécessitant une attention immédiate, en gérant les exceptions plutôt que de passer au crible chaque transmission.
La seconde stratégie repose sur l’automatisation des processus de facturation. Une facturation précise est essentielle, mais les règles sont complexes et les erreurs peuvent entraîner des pertes financières importantes. Les systèmes automatisés surveillent l’activité des patients par rapport aux exigences des organismes payeurs et génèrent automatiquement les factures une fois les conditions remplies. Cela réduit le temps consacré aux tâches administratives par les infirmières et minimise les risques de refus de paiement.
En outre, de nombreuses cliniques développent des programmes de surveillance de l’insuffisance cardiaque (IC) en complément de la surveillance des arythmies. Ces programmes permettent de détecter précocement les signes de décompensation et de réduire les réadmissions hospitalières, notamment dans les 30 jours suivant la sortie. Les CIED peuvent collecter des données physiologiques pertinentes pour l’état des fluides et la fonction cardiaque, offrant ainsi un service distinct et facturable.
Enfin, l’amélioration de l’engagement des patients est cruciale. Même avec des dispositifs de transmission automatique, des problèmes peuvent survenir. Des outils de communication proactifs, tels que les messages texte automatisés, peuvent guider les patients dans la soumission de leurs données et améliorer leur observance. Ces interactions permettent également de vérifier le bon fonctionnement de l’appareil et de détecter rapidement les événements indésirables.
« L’objectif est de supprimer le travail formel grâce à l’automatisation et à la logique, permettant ainsi aux cliniciens d’effectuer le travail clinique de grande valeur pour lequel ils ont été formés », soulignent les experts. En adoptant ces stratégies, les cliniques cardiaques peuvent renforcer leur stabilité financière tout en maintenant un niveau de soins exceptionnel.