Un poème récent explore l’expérience médicale d’une manière inattendue, puisant son inspiration dans l’œuvre monumentale de Dante Alighieri pour évoquer le voyage intérieur et parfois angoissant d’un examen par imagerie par résonance magnétique (IRM).
Intitulé « A Visit to Digital Imaging », le poème adopte la forme de la terza rima, une structure poétique en tercets inventée par Dante au Moyen Âge pour composer sa « Divine Comédie ». Cette forme, caractérisée par un schéma de rimes imbriquées (ABA, BCB, CDC, etc.), est souvent associée à un sentiment de mouvement continu, comme celui de descendre ou de monter un escalier, ou de traverser un long couloir. L’œuvre de Dante décrit ainsi un périple à travers l’Enfer, le Purgatoire et le Paradis.
Dans ce poème contemporain, la terza rima guide le lecteur d’abord dans les couloirs d’un service de radiologie, puis à l’intérieur du scanner IRM. Ce dernier, perçu comme un espace potentiellement claustrophobique, est décrit comme un lieu où l’on est entraîné « pour parcourir le marais intérieur du corps ». L’auteur évoque des images étranges et frappantes, telles que des « feuilles curatives d’un arbre de Bauhinia » et une « bosse muette / de chair enterrée dans un sarcophage », qui rappellent l’univers imaginaire de Dante.
Le poème établit un parallèle saisissant avec la « Divine Comédie ». Tout comme les protagonistes de Dante émergent de l’obscurité de l’Enfer pour contempler la lumière des étoiles (« E Quindi Uscimmo a Riveder le Stelle » – « Et nous sortîmes pour revoir les étoiles »), le poème se conclut sur une note d’espoir et de soulagement : « Prêt à oublier ce qui pourrait conspirer sous ma peau », se réjouit le narrateur, « libre / émerveillé par la médecine moderne ».
En faisant écho au XIVe siècle, ce texte poétique affirme ainsi le rôle potentiel de la poésie comme forme de thérapie complémentaire, capable d’accompagner et d’apaiser face aux épreuves médicales.
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