Volkswagen est à la veille d’une profonde restructuration, marquée par la possible cession d’activités non stratégiques et une volonté affichée de rationaliser ses opérations. L’avenir du prestigieux studio de design Italdesign, basé près de Turin, en Italie, est particulièrement incertain.
Selon le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le groupe automobile allemand examine de près la vente d’Italdesign, une entreprise historiquement liée à Volkswagen. Bien que le groupe évoque une gestion « active » de ses investissements, il n’a pas communiqué d’informations précises sur l’avenir du studio.
Malgré des résultats financiers solides – un chiffre d’affaires d’environ 330 millions d’euros et un bénéfice net d’environ 30 millions d’euros pour l’exercice le plus récent – Italdesign est considérée comme une activité périphérique par Volkswagen, qui souhaite se concentrer sur ses métiers de base.
Plusieurs acteurs pourraient être intéressés par l’acquisition. Le groupe indo-américain UST Global aurait déjà mené un audit, mais suscite les critiques des syndicats italiens, qui soulignent son manque d’expérience dans le secteur automobile et son orientation vers le numérique. Un consortium italien, regroupant notamment le groupe industriel Gruppo Adler et la société d’investissement publique CDP, est également sur les rangs.
Ce consortium, soutenu par d’anciens dirigeants de Ferrari, Fiat et Magneti Marelli, pourrait bénéficier d’un prêt bancaire de 50 millions d’euros. Le gouvernement italien a exprimé son souhait de voir Italdesign rester entre des mains italiennes et envisage une plus grande ouverture du studio à des clients externes, comme le groupe Stellantis.
L’incertitude croissante au sein d’Italdesign commence à se faire sentir, avec une soixantaine d’ingénieurs ayant déjà quitté l’entreprise. Les syndicats dénoncent un manque de transparence et un timing jugé inapproprié. « Les salariés se sentent depuis longtemps partie intégrante du groupe VW, maintenant ils sont déçus par ce traitement », a déclaré Gianni Mannori, du syndicat italien Fiom, au Frankfurter Allgemeine Zeitung.
À ce stade, Volkswagen n’a pas précisé de calendrier pour la prise de décision, mais la direction semble déterminée à aller de l’avant avec cette restructuration. Des éclaircissements pourraient être apportés dans les mois à venir.