Home AffairesWall Street a clôturé en baisse et a ajouté à l’incertitude qui affecte les marchés d’Asie et d’Europe

Wall Street a clôturé en baisse et a ajouté à l’incertitude qui affecte les marchés d’Asie et d’Europe

by Amélie Bernard

Publié le 18 novembre 2025 à 21h10. Les marchés boursiers mondiaux ont connu une journée de fortes turbulences, plombés par les inquiétudes concernant des valeurs technologiques phares comme Nvidia et la volatilité du Bitcoin, ravivant les craintes d’une correction boursière.

  • Wall Street a clôturé en baisse, le S&P 500 reculant de 0,8 %, le Dow Jones perdant 1,1 % et le Nasdaq Composite chutant de 1,2 %.
  • Nvidia, poids lourd du marché, a enregistré une baisse de 2,8 %, accentuant sa perte mensuelle à plus de 10 %.
  • Les investisseurs s’inquiètent d’une possible bulle spéculative autour de l’intelligence artificielle, un risque identifié par 45 % des gestionnaires de fonds interrogés par Bank of America.

La Bourse américaine a terminé la journée de mardi en territoire négatif, après une séance volatile marquée par des inquiétudes persistantes concernant la valorisation de certaines entreprises technologiques et la santé du marché des cryptomonnaies. L’Europe et l’Asie ont également subi des pressions à la vente, témoignant d’un sentiment d’aversion au risque généralisé.

Après un effondrement initial de 1,5 %, le S&P 500 a partiellement récupéré avant de retomber en fin de séance, terminant à 6 617,32 points, en baisse de 0,8 %. L’indice Dow Jones Industrial Average a perdu 498,50 points, soit 1,1 %, pour atteindre 46 091,74 points. Le Nasdaq Composite a quant à lui cédé 275,23 points, soit 1,2 %, pour clôturer à 22 432,85 points.

Nvidia, dont la capitalisation boursière a brièvement dépassé les 5 000 milliards de dollars, a été au cœur des préoccupations des investisseurs. La baisse de 2,8 % de son titre a entraîné une perte mensuelle de plus de 10 %, ce qui a conduit certains analystes à parler de correction à Wall Street. L’importance de Nvidia sur le marché est telle que ses performances peuvent à elles seules influencer l’évolution du S&P 500.

Cette récente faiblesse des marchés américains marque un renversement de tendance par rapport à la progression quasi ininterrompue observée depuis avril, date à laquelle l’imposition de droits de douane par l’administration Trump avait provoqué une chute des indices.

Les inquiétudes des investisseurs portent également sur le Bitcoin, dont le cours est brièvement tombé en dessous de 90 000 $ avant de remonter à environ 93 000 $. D’autres valeurs en vogue, comme Palantir Technologies, qui a plus que doublé de valeur au cours des six premiers mois et demi de l’année, sont également scrutées de près.

Une enquête mensuelle menée par Bank of America Global Research auprès des gestionnaires de fonds révèle que 45 % d’entre eux considèrent une bulle de l’intelligence artificielle comme le principal risque pour le marché, surpassant les préoccupations liées aux taux d’intérêt, à l’inflation et aux guerres commerciales. Les investisseurs craignent que les entreprises ne surinvestissent dans les puces d’IA et les centres de données, sans pour autant obtenir les rendements escomptés.

Home Depot a également contribué à la baisse du marché, avec un recul de 6 % après avoir annoncé des bénéfices inférieurs aux attentes des analystes. Le PDG de l’entreprise, Ted Decker, a souligné l’incertitude des consommateurs et les difficultés du marché immobilier comme des facteurs ayant freiné la demande.

Les résultats de Nvidia, qui seront publiés mercredi, pourraient jouer un rôle déterminant dans l’évolution du marché. Ils pourraient soit mettre fin à la récente baisse des actions de l’entreprise, soit l’accentuer.

Sur le marché obligataire, les rendements des bons du Trésor ont fluctué au cours de la journée, le rendement des bons à 10 ans terminant à 4,11 %, contre 4,13 % lundi après-midi. Les investisseurs restent incertains quant à la possibilité d’une baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale lors de sa prochaine réunion en décembre.

La Fed a déjà abaissé ses taux à deux reprises cette année pour stimuler un marché du travail en ralentissement, mais une baisse excessive des taux pourrait raviver l’inflation, qui reste supérieure à l’objectif de 2 % fixé par la banque centrale.

Les prix du pétrole ont augmenté mardi, portés par les sanctions occidentales contre la Russie et le début des entretiens pour désigner le prochain président de la Réserve fédérale américaine. Le Brent a atteint 64,66 $ le baril, en hausse de 46 cents (0,72 %), tandis que le West Texas Intermediate (WTI) a progressé de 65 cents (1,08 %) pour s’établir à 60,56 $ le baril.

Selon John Kilduff, associé chez Again Capital, cité par Reuters :

« Cette nouvelle soutient le marché car il est évident quel genre de personne Trump fera venir pour ce poste. Cela a donné un élan au marché. »

John Kilduff, associé chez Again Capital

Le département du Trésor a indiqué que les sanctions imposées en octobre aux compagnies pétrolières russes Rosneft et Loukoïl ont déjà un impact sur les revenus des exportations pétrolières russes et devraient progressivement réduire leurs volumes d’exportation.

Goldman Sachs a prévenu lundi qu’elle s’attend à une baisse des prix du pétrole jusqu’en 2026 en raison d’un excédent d’offre sur le marché, mais a précisé que le Brent pourrait dépasser les 70 $ le baril entre 2026 et 2027 si la production russe diminuait plus que prévu.

(Avec des informations d’AP et Reuters)

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