À 66 ans, l’humoriste et écrivain britannique Ben Elton livre une autobiographie exhaustive, oscillant entre auto-analyse et vantardise assumée. « What Have I Done? », un pavé de 470 pages, retrace son parcours, des débuts à l’université de Manchester jusqu’à la reconnaissance de ses pairs, tout en révélant un tempérament parfois difficile.
L’auteur ne cache pas sa tendance à froisser son entourage. Il se souvient ainsi de ses débuts au Stratford technical college en 1975, où sa tentative de créer une troupe de théâtre, The Studio Players, a été accueillie avec froideur. Il avait déjà écrit une pièce en trois actes qu’il comptait également mettre en scène. « Je n’avais aucune idée, et j’en ai toujours très peu, de comment rester cool », confie-t-il.
Son livre explore en détail l’ensemble de son œuvre : pièces de théâtre, spectacles de stand-up, séries comiques, films et 15 romans. Il revient notamment sur sa collaboration fructueuse avec Richard Curtis, qui a donné naissance à la série « Blackadder », et sur son implication dans Comic Relief et Saturday Live, où il a marqué les esprits avec un sketch mémorable, « double seat », encore cité aujourd’hui, 40 ans après.
Elton aborde également ses succès musicaux, comme la comédie musicale « We Will Rock You », inspirée de l’univers de Queen. Malgré les critiques acerbes, le spectacle a connu un succès populaire durable, avec 12 ans de représentation dans le West End londonien.
L’autobiographie ne se limite pas à sa carrière artistique. L’auteur évoque également sa vie personnelle, notamment son mariage avec la musicienne australienne Sophie Gare et leurs trois enfants.
Il affiche un franc-parler sur le monde de la comédie, s’opposant à ceux qui estiment qu’il est devenu impossible de dire quoi que ce soit. « D’après mon expérience, on peut dire n’importe quoi, mais il est toujours bon de réfléchir un peu plus à la manière dont on le dit et pourquoi », explique-t-il.
Si Elton se montre capable d’autodérision, il ne résiste pas à l’envie de mettre en avant les éloges qu’il reçoit de personnalités célèbres. Il raconte ainsi une rencontre fortuite avec George Harrison du groupe The Beatles, qui a tenu à le remercier pour l’avoir diverti dans les années 1980, ou encore l’envoi de fleurs de George Michael à l’occasion de la naissance prématurée de ses jumeaux.
Un thème récurrent de l’ouvrage est le sentiment d’avoir été injustement critiqué. L’auteur se plaint des critiques négatives qui ont suivi le succès de « Blackadder », ainsi que des attaques personnelles d’autres humoristes, comme Alexei Sayle et Jonathan Ross. Il semble blessé par ces critiques, mais l’on pourrait lui conseiller de se concentrer sur ses succès, après plus de 40 ans de carrière.
« What Have I Done? » se conclut sur la réception d’un prix de Légende lors d’un festival de comédie, avec les félicitations de Paul McCartney et Michael Palin. Elton exprime alors le souhait de continuer à travailler pendant encore 10 ans, ce qui, selon lui, justifierait une nouvelle édition augmentée de ses mémoires. Une perspective qui, compte tenu de l’abondance d’auto-promotion dans la version actuelle, ressemble davantage à une menace qu’à une promesse.
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