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Xiaomi gagne déjà de l’argent grâce aux voitures électriques

Publié le 13 décembre 2025 à 22h09. Le constructeur automobile chinois Xiaomi, lancé il y a à peine 19 mois, affiche déjà des bénéfices trimestriels, une performance qui contraste avec les difficultés rencontrées par de nombreux acteurs du…

Xiaomi gagne déjà de l’argent grâce aux voitures électriques

Publié le 13 décembre 2025 à 22h09. Le constructeur automobile chinois Xiaomi, lancé il y a à peine 19 mois, affiche déjà des bénéfices trimestriels, une performance qui contraste avec les difficultés rencontrées par de nombreux acteurs du secteur et ouvre la voie à une expansion internationale prévue pour 2027.

  • La division automobile de Xiaomi a enregistré son premier bénéfice trimestriel.
  • En octobre dernier, Xiaomi a vendu près de deux fois plus de véhicules électriques en Chine que Tesla.
  • L’entreprise prévoit de s’implanter en Europe dès 2027.

L’ascension fulgurante de Xiaomi dans le monde automobile est une véritable surprise. La division « Véhicules électriques, intelligence artificielle et nouvelles initiatives » du géant technologique a annoncé en novembre un bénéfice trimestriel, un cap atteint seulement 19 mois après les premières livraisons. Pour comparaison, Tesla a mis cinq ans après le lancement de son Roadster en 2008 pour atteindre la rentabilité trimestrielle.

Xiaomi propose actuellement deux modèles : la berline SU7 et le nouveau SUV YU7. Ces véhicules connaissent un succès commercial important en Chine, générant un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars (environ 3,2 milliards de francs suisses) au troisième trimestre 2025. Le bénéfice réalisé s’élève à environ 80 millions de francs suisses.

Succès face à une concurrence féroce

Le succès de Xiaomi est d’autant plus remarquable que le marché des véhicules électriques est particulièrement compétitif et souvent déficitaire. Si Tesla et BYD réalisent des bénéfices substantiels, d’autres constructeurs électriques perdent des dizaines de milliers de dollars par véhicule produit. L’entreprise américaine Lucid, par exemple, a subi des pertes de près d’un milliard de dollars (850 millions de francs suisses) au dernier trimestre, pour seulement 4 078 véhicules livrés.

La situation est compliquée par la guerre des prix qui fait rage en Chine, où plus de 150 marques automobiles se disputent des parts de marché. Xiaomi a su prospérer dans cet environnement difficile grâce à plusieurs atouts.

Une base de clients fidèles

L’expert en mobilité Bill Russo explique que Xiaomi a bénéficié d’une position de départ avantageuse grâce à la popularité de ses smartphones en Chine. Selon le magazine boursier « Der Aktionär », « Ils ont tiré parti d’une énorme base de clients existants et d’une marque forte et hautement fiable. »

En octobre dernier, Xiaomi a vendu environ 49 000 véhicules en Chine, soit près du double des ventes de Tesla sur la même période (26 000 unités). La demande est telle que les délais de livraison pour le YU7 dépassent en moyenne un an. Le PDG de l’entreprise, Lei Jun (55 ans), a même conseillé aux acheteurs potentiels d’envisager d’autres marques chinoises en attendant.

Ambitions européennes

Malgré des difficultés à suivre le rythme de la production, Xiaomi ambitionne de s’étendre à l’international. L’entreprise prévoit de faire ses débuts en Europe en 2027. Un centre de recherche et développement pour les véhicules électriques a été inauguré en septembre à Munich.

Pour renforcer sa notoriété à l’échelle mondiale, Xiaomi mise également sur la performance sportive. En avril dernier, un SU7 Ultra optimisé a établi un nouveau record du tour pour les véhicules électriques de série sur le circuit du Nürburgring, devançant des modèles de haute performance tels que la Porsche Taycan Turbo GT ou la Rimac Nevera.

Le PDG Lei Jun affiche des ambitions démesurées : « Les véhicules Xiaomi devraient être présents sur toutes les routes du monde », a-t-il déclaré sur la plateforme Weibo. Dès 2023, il avait annoncé son intention de faire de Xiaomi l’un des cinq principaux constructeurs automobiles mondiaux d’ici vingt ans. Les récents succès de l’entreprise suggèrent que cet objectif n’est pas une simple illusion.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.