Pour relancer le tourisme en Corée du Sud, il ne suffit plus d’améliorer les infrastructures : il faut raconter des histoires authentiques et captivantes qui mettent en valeur l’âme de chaque région. Une stratégie qui s’appuie sur la planification créative et une distribution efficace, comme l’a démontré le succès mondial de phénomènes culturels comme K-Pop Demon Hunters.
L’attractivité du phénomène K-Pop Demon Hunters, qui combine musique coréenne, folklore et K-pop moderne dans un univers unique appelé « Honmoon », illustre parfaitement cette approche. Selon Lee Jun-ho, directeur de Klook Corée, « le pouvoir de la planification, qui combine organiquement un scénario familier au public, divers éléments populaires et une identité coréenne unique, a rendu l’œuvre différente ». L’impact de cette création a été amplifié par sa diffusion via Netflix et les réseaux sociaux, notamment TikTok.
Pour assurer la pérennité du secteur touristique, trois éléments sont essentiels : l’authenticité, l’humain et la distribution. L’authenticité se traduit par l’histoire, la culture et le mode de vie locaux. L’aspect humain réside dans la capacité à créer des récits auxquels les habitants peuvent s’identifier et auxquels les visiteurs peuvent s’attacher. Enfin, la distribution, notamment via des plateformes mondiales comme Netflix, est cruciale pour toucher un public international.
La Corée du Sud ambitionne d’attirer 30 millions de touristes étrangers et de dynamiser le tourisme intérieur. Si des efforts sont déployés pour améliorer les infrastructures de transport et moderniser les aéroports locaux, Lee Jun-ho souligne qu’il est primordial de proposer un contenu attractif : « si vous ne racontez pas pourquoi vous devriez visiter cette région, les gens ne continueront pas à voyager, même si les transports et l’accessibilité sont pratiques ».
Les chiffres actuels illustrent un déséquilibre géographique important. En 2024, 78,4 % des touristes étrangers ont visité Séoul, tandis que Busan, deuxième destination la plus populaire, n’en a attiré que 16,2 %. La majorité des visiteurs arrivent par les aéroports d’Incheon et de Gimpo et se concentrent dans la région métropolitaine. Le contenu touristique et les expériences proposées sont donc majoritairement concentrés dans cette zone.
Si les investissements massifs et les événements ponctuels sont importants, il est nécessaire de mettre en valeur la vie quotidienne locale et le patrimoine culturel. Les infrastructures, les technologies et les plateformes de réservation en ligne ne sont que des outils au service de cette stratégie. Le véritable enjeu est de révéler le « charme le plus coréen », l’âme de chaque région, et de la transformer en un récit universellement accessible.
Le problème ne réside pas tant dans le manque d’infrastructures que dans le manque de professionnels capables de réinterpréter les ressources locales dans une perspective globale. Ce manque de compétences entraîne une concentration des touristes étrangers dans la région métropolitaine, où se trouvent la plupart des experts du tourisme. Au-delà de la simple traduction en anglais des panneaux d’information, il est essentiel de former des ressources humaines capables de surmonter les barrières linguistiques et culturelles et de transmettre l’esprit local au reste du monde.
Les plateformes de réservation de voyages comme Klook jouent un rôle clé en connectant la Corée à des millions de voyageurs. En combinant ces plateformes avec des investissements dans les aéroports locaux, la Corée peut élargir et faciliter l’accès au tourisme. Mais, selon Lee Jun-ho, « quel que soit le développement de la plateforme et l’activité de l’aéroport local, s’il n’y a pas de « contenu émouvant », il n’y aura pas de croissance essentielle du tourisme ».
En insufflant une âme locale aux expériences touristiques et en les partageant avec le monde, la Corée pourra attirer davantage de visiteurs, dynamiser ses aéroports régionaux et devenir une destination touristique durable, au-delà des tendances passagères.
Chiffres clés
- Pourcentage de touristes étrangers à Séoul (2024) : 78,4 %
- Pourcentage de touristes étrangers à Busan (2024) : 16,2 %
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