Publié le 2024-02-29 14:15:00. L’histoire du repêchage de 1980 est souvent associée à la déception de Denis Savard envers le Canadien de Montréal, mais un détail méconnu révèle que les Blackhawks de Chicago n’auraient peut-être jamais pu l’acquérir sans une transaction préalable impliquant les Nordiques de Québec.
- Le Canadien de Montréal a choisi Doug Wickenheiser devant Denis Savard au repêchage de 1980.
- Les Blackhawks ont sélectionné Savard grâce à un choix de première ronde obtenu des Nordiques de Québec en échange de Réal Cloutier.
- Savard souligne que les Blackhawks lui ont manifesté un intérêt plus clair que le Canadien avant le repêchage.
Lorsqu’on évoque la carrière de Denis Savard, le repêchage de 1980 revient inévitablement sur le tapis. L’histoire raconte souvent comment le Canadien de Montréal a préféré Doug Wickenheiser au talentueux attaquant de Verdun. Pourtant, une facette moins connue de ce récit est que les Blackhawks de Chicago, l’équipe qui a finalement sélectionné Savard, n’auraient pas eu cette opportunité sans un échange préalable impliquant les Nordiques de Québec.
« Je peux même vous dire quelle était la transaction », a révélé Savard à Le Journal à l’occasion du lancement de la saison centenaire des Blackhawks. « Les Blackhawks avaient échangé Réal “Buddy” Cloutier aux Nordiques en retour d’un choix de première ronde. »
Il est important de noter que Cloutier évoluait déjà avec le Canadien de Montréal à l’époque de l’Association mondiale de hockey. Cependant, ses droits dans la Ligue nationale de hockey appartenaient aux Blackhawks, qui l’avaient repêché au premier tour (neuvième au total) en 1976. Pour le récupérer et l’intégrer à leur formation lors de l’entrée du Canadien dans la LNH, les Nordiques avaient dû consentir à un important sacrifice.
Savard se souvient avoir rencontré plusieurs équipes avant le repêchage, dont le Canadien, les Blackhawks et les Kings de Los Angeles. « On avait eu des entrevues avec Montréal, Chicago et Los Angeles. Quand on est sortis de la rencontre avec le Canadien, mon père m’a dit : “J’ai le sentiment que le Canadien ne te ramassera pas.” Selon lui, la direction de l’équipe n’avait jamais laissé entendre qu’elle allait me repêcher. Ça avait été tout le contraire avec les Blackhawks. »
Bien qu’il ait été déçu de ne pas être choisi par le Canadien, une équipe qu’il admirait depuis son enfance, Savard a rapidement réalisé que la LNH était son objectif principal. « J’avais regardé jouer cette équipe-là pendant toute ma jeunesse. J’avais assisté à des défilés de la coupe Stanley », a-t-il confié, rappelant qu’il a disputé 881 de ses 1196 matchs sous les couleurs rouge et noir. « Mais tout est rapidement tombé en place. Plus que le Canadien, c’est la Ligue nationale qui était un rêve. Je savais qu’une belle occasion se présentait à moi à Chicago, parce que Stan Mikita venait de prendre sa retraite. »
Pour s’assurer d’être prêt, Savard s’est présenté à Chicago deux semaines avant le début du camp d’entraînement, une initiative de son père. « C’était une idée de mon père. Il voulait que j’aille rencontrer les vétérans, que je devienne un peu plus à l’aise en anglais », a-t-il expliqué. « Pendant ces deux semaines-là, j’ai compris que j’étais capable de patiner avec des pros. »
Cette préparation lui a permis de connaître un camp d’entraînement réussi et de gagner sa place dans l’alignement des Blackhawks. Il a même disputé les 11 matchs préparatoires. C’était le début d’une carrière de 881 matchs en deux périodes avec Chicago, où il a laissé une marque indélébile en se classant quatrième au palmarès des pointeurs (1096 points), troisième des passeurs (719 passes) et cinquième des buteurs (377 buts) de l’équipe.
