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Technologie et science

69 États s’ouvrent à Versailles pour définir une heure de référence pour la Lune

Soixante-neuf États se sont réunis à Versailles pour fixer une référence horaire commune à la Lune, face à la concurrence entre les États-Unis et la Chine pour imposer leurs…

69 États s'ouvrent à Versailles pour définir une heure de référence pour la Lune

Soixante-neuf États se sont réunis à Versailles pour fixer une référence horaire commune à la Lune, face à la concurrence entre les États-Unis et la Chine pour imposer leurs technologies dans le cadre de futurs projets économiques et spatiaux évalués à des centaines de milliards de dollars d’ici 2050.

La question du temps lunaire n’est pas qu’une simple curiosité astronomique. À Versailles, les États membres de la 28e Conférence générale des poids et mesures ont adopté jeudi une résolution pour définir une échelle de temps de référence lunaire internationale. Cette initiative fait suite à un projet présenté par le Comité international des poids et mesures, qui vise à éviter la confusion qu’entraînerait une multitude de systèmes concurrents.

Pourquoi la Terre et la Lune n’avancent pas au même rythme

Sur Terre, la vie s’articule autour du Temps universel coordonné, ou UTC, qui dépend de la moyenne de cinq cents horloges atomiques. Mais cet outil ne fonctionne pas sur le satellite de la Terre. En raison du champ gravitationnel plus faible de la Lune, le temps s’y écoule plus rapidement, un phénomène direct de la relativité générale d’Albert Einstein.

Si l’on synchronisait deux horloges atomiques identiques, l’une sur Terre et l’autre sur la Lune, elles afficheraient un écart de cinquante-six microsecondes par jour. Une broutille en apparence, mais une source d’erreur fatale pour des opérations délicates. Il s’agit d’aider des sondes à se poser avec précision sur la Lune, les rovers ou les astronautes présents sur place à s’orienter et à se déplacer, a rappelé Pascale Defraigne, physicienne à l’Observatoire royal de Belgique, selon le compte rendu des travaux.

Quelle heure sur la lune
Photo : legrandcontinent.eu

De son côté, Joel Parker, en charge du dossier à la NASA, a précisé l’exigence technique nécessaire pour les futurs réseaux de navigation : Le besoin d’une précision de navigation de l’ordre du mètre sur la Lune se traduit par une précision temporelle de l’ordre de la nanoseconde.

La rivalité technologique entre Washington et Pékin

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Derrière la métrologie se profile un duel géopolitique. Les États-Unis et la Chine développent chacun leurs propres outils de chronométrie et de navigation pour le sol lunaire.

Le "temps universel" terrestre (UTC) ne peut pas être directement utilisé sur la Lune, car le temps s'y écoule plus vite
Photo : boursorama.com

Washington développe le Temps lunaire coordonné, baptisé LTC, pour alimenter son réseau LunaNet. La Chine, quant à elle, a présenté son propre outil, le LTE440 2. Pékin et les États-Unis fixent par ailleurs des calendriers serrés pour installer des équipages de manière durable, avec un retour américain programmé par décret présidentiel pour 2028 et des ambitions chinoises avant 2030.

Les défis géodésiques et économiques de l’ère lunaire

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Pour bâtir un standard universel, les scientifiques doivent résoudre des casse-têtes inédits. Sur Terre, les altitudes se calibrent par rapport au niveau de la mer. La Lune étant dépourvue d’océans, les géodésistes cherchent encore quelle altitude zéro adopter pour calibrer les instruments. Les agences spatiales prévoient en outre de placer des satellites de navigation en orbite autour de l’astre.

Ces manœuvres s’inscrivent dans une course aux ressources, notamment au pôle Sud de la Lune où la glace pourrait fournir du carburant pour les fusées. Une étude de Deloitte publiée en août évalue la valeur économique cumulée de l’économie lunaire entre 343 et 566 milliards de dollars d’ici 2050.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.