Des milliers de personnes manifestent ce samedi 7 novembre 2026 à travers la France pour une quatrième journée de mobilisation consécutive contre la vie chère. Ce mouvement, marqué par des appels disparates entre syndicats et « gilets jaunes », se déroule sous une surveillance policière massive, deux jours après une grève nationale d’ampleur.
Un dispositif de sécurité reconduit sur tout le territoire
Pour encadrer cette nouvelle journée de contestation, le ministère de l’Intérieur a reconduit le dispositif massif déjà en place, avec 70 000 policiers et gendarmes mobilisés sur l’ensemble du territoire, a annoncé Laurent Nuñez. Le ministre de l’Intérieur a justifié ce déploiement par la nécessité de protéger les centres-villes, s’inquiétant d’appels sur les réseaux sociaux incitant à la violence contre les forces de l’ordre, aux pillages de commerces et à l’insurrection.
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À Paris, la préfecture de police a mis en place une stratégie très agile et mobile pour détecter les groupes se rassemblant en dehors des parcours autorisés, selon la porte-parole Hélène Denéchère. À 11h00, 847 contrôles avaient déjà été réalisés dans les gares parisiennes et en petite couronne. Des arrêtés préfectoraux autorisent également la captation d’images par des aéronefs. En région, les autorités locales ont également pris des mesures strictes : à Strasbourg, les manifestations sont limitées à des axes spécifiques, tandis qu’à Nantes, le tramway ligne 1 a été interrompu entre Chantiers Navals et Duchesse-Anne en raison des perturbations liées aux rassemblements.
Des cortèges syndicaux et un rassemblement interdit
La stratégie de mobilisation diffère selon les organisations. Les autorités s’attendent à ce qu’entre 130 000 et 170 000 personnes défilent sur l’ensemble du territoire, dont 60 000 à Paris.
À l’inverse, la coordination des « gilets jaunes » fait cavalier seul. Malgré l’interdiction de la préfecture, ils maintiennent leur appel à un rassemblement place de la Concorde à 14 heures. David Libeskind, avocat des Gilets jaunes, justifie ce choix : « Un lieu emblématique, près de l’Assemblée nationale, un lieu de pouvoir, puisque nos revendications sont politiques ». Il ajoute que les Gilets jaunes refusent de rejoindre les cortèges syndicaux, affirmant : « On nous impose d’aller à une manifestation qui ne nous concerne pas ». Benjamin Ball, l’un des membres de la coordination, ajoute : « Nous allons désobéir et nous allons désobéir dans un lieu très symbolique qui est le lieu de la Concorde ».
Le contexte économique et la conférence sociale
Cette mobilisation intervient dans un climat de tension sociale persistante après la journée du 5 novembre, qui avait rassemblé 575 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur, et jusqu’à 1,6 million selon la CGT.

Le secteur du commerce redoute particulièrement ces samedis de mobilisation. D’après les données de la CCI France, les pertes de chiffre d’affaires liées à un week-end perturbé peuvent atteindre 1,5 milliard d’euros. La Ville de Paris avait recensé 451 commerces vandalisés lors des précédentes journées, et la facture des violences du 17 octobre dépasserait le milliard d’euros selon les assureurs.
Le projet de budget de la Sécurité sociale est également au cœur des débats, le gouvernement cherchant des marges de manœuvre alors que toute hausse du Smic pourrait accroître le coût des allégements de cotisations. Si le gouvernement se dit ouvert à une mesure sur le Smic, les syndicats, incluant la CFDT et la CGT, préviennent que seule une réponse concrète aux revendications des salariés, fonctionnaires et retraités permettra de mettre fin au mouvement. L’intersyndicale a prévu de se retrouver lundi soir, après la réunion à Matignon, pour décider de la suite des actions.
Violences urbaines et mesures locales
La situation reste tendue dans plusieurs villes. À Nantes, en plus des restrictions de transport, des rassemblements contre les expulsions ont été organisés. Dans le Bas-Rhin, la préfecture a interdit le port d’équipements de protection individuelle destinés à mettre en échec les moyens de maintien de l’ordre, craignant la présence d’individus violents. Le préfet du Haut-Rhin, Emmanuel Aubry, a souligné que la tension restait « toujours perceptible ».
Alors que le mouvement des lycéens et étudiants se poursuit avec des blocages sporadiques, le gouvernement mise sur une évolution de la plateforme d’orientation post-bac et a promis des recommandations pour la mi-novembre. En attendant, les manifestants espèrent maintenir la pression sur l’exécutif à deux jours des discussions décisives à Matignon.