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78 % des femmes chefs d’entreprise du Moyen-Orient sont confiantes dans la croissance, selon KPMG

by Amélie Bernard

Les femmes dirigeantes du Moyen-Orient affichent une confiance remarquable dans l’avenir de leurs entreprises, malgré un contexte mondial incertain. Une étude récente révèle que 78 % d’entre elles anticipent une croissance au cours des trois prochaines années, tout en appelant à une plus grande clarté stratégique en matière d’intelligence artificielle (IA) et de responsabilité sociale des entreprises.

Selon le rapport « A Call for Clarity » de KPMG, publié dans le cadre de l’étude Middle East Female Leaders Outlook 2025, les femmes cadres de la région restent optimistes quant à la croissance de leurs activités et au développement des talents. Cependant, elles insistent sur la nécessité de définir des stratégies plus précises concernant l’IA, les pratiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et la formation des employés.

Si 65 % des femmes interrogées ont rencontré des préjugés sexistes au cours des trois dernières années, l’étude souligne leur capacité à redéfinir le leadership par l’empathie, la résilience et la collaboration.

Les réformes gouvernementales en cours dans les pays du Golfe contribuent également à accélérer ce changement et à favoriser une plus grande participation des femmes dans les secteurs du leadership et de la technologie. Aux Émirats arabes unis, le Conseil pour l’équilibre entre les sexes a joué un rôle déterminant dans la promotion de la présence féminine dans les postes de direction et les domaines scientifiques, technologiques, d’ingénierie et de mathématiques (STEM). Les femmes représentent désormais 70 % de tous les diplômés universitaires et 56 % des diplômés en STEM dans les universités publiques.

En Arabie saoudite, la participation des femmes au marché du travail a atteint 36,3 % au premier trimestre de 2025, dépassant l’objectif fixé par la Vision 2030 de 30 % d’ici 2030. Au même titre, Oman poursuit ses réformes pour accroître la représentation des femmes dans la diplomatie et les organisations internationales.

L’étude de KPMG révèle que 64 % des femmes dirigeantes du Moyen-Orient s’attendent à une augmentation de leurs bénéfices de 2,5 à 9,9 % au cours des trois prochaines années, grâce à un équilibre entre les investissements technologiques et le développement du capital humain. Contrairement à une tendance mondiale où la technologie est souvent privilégiée, 60 % des répondantes de la région déclarent investir davantage dans les ressources humaines que dans la technologie, tandis que ce chiffre tombe à 56 % à l’échelle mondiale. Cette différence met en évidence l’importance accordée au capital humain comme avantage concurrentiel à long terme.

« Les femmes leaders au Moyen-Orient démontrent que la résilience et la clarté vont de pair », explique Kholoud Moussa, associée et responsable du plan d’impact chez KPMG Moyen-Orient. « Leur confiance dans la croissance est indéniable, mais elle s’accompagne d’un appel à un meilleur alignement entre la vision et la mise en œuvre au sein des organisations. »

« Nos résultats indiquent que des progrès significatifs dépendront de la manière dont les entreprises définiront clairement leurs priorités, de l’IA et de l’ESG à leurs investissements dans les personnes et la culture », ajoute-t-elle.

Bien que 44 % des femmes dirigeantes du Moyen-Orient considèrent l’IA comme une priorité d’investissement, un pourcentage similaire reste indécise quant à la manière d’intégrer cette technologie dans leurs stratégies commerciales. La majorité des répondantes (62 %) identifient les gains d’efficacité et de productivité comme les principaux avantages de l’adoption de l’IA.

Parallèlement, 45 % des femmes interrogées affirment que les principes ESG sont pleinement intégrés dans leur organisation, mais un tiers d’entre elles se montrent incertaines quant à l’étendue de leur mise en œuvre. Près de la moitié (48 %) s’interrogent également sur la capacité de leur entreprise à atteindre les objectifs de zéro émission nette d’ici 2030.

L’étude révèle que les femmes dirigeantes considèrent l’IA et l’ESG comme essentiels à la compétitivité future, mais qu’elles recherchent encore des cadres mesurables et des feuilles de route concrètes pour concrétiser ces ambitions.

Les recherches de KPMG ont également mis en lumière l’évolution des risques auxquels sont confrontées les femmes occupant des postes de direction. Près de la moitié des répondantes au Moyen-Orient (49 %) – et 57 % à l’échelle mondiale – ont constaté une augmentation des abus en ligne au cours des trois dernières années. Parmi les victimes, 54 % ont signalé du harcèlement ou des abus liés à de faux profils, tandis que 39 % ont été victimes de cyberintimidation et de diffamation.

Au-delà de ces défis, les femmes interrogées sont convaincues qu’un leadership inclusif peut stimuler directement la croissance. Soixante-quatorze pour cent estiment que parvenir à l’égalité des sexes au sein de la haute direction aiderait leur organisation à atteindre ses objectifs commerciaux, bien que seulement 36 % soient favorables à l’instauration de quotas obligatoires. Les réseaux de mentorat, les programmes de leadership et la flexibilité organisationnelle sont les mesures les plus appréciées pour favoriser des progrès durables.

Alors que les économies du Moyen-Orient continuent de se diversifier, les femmes dirigeantes remodèlent les discussions au sein des conseils d’administration autour d’un leadership axé sur des objectifs précis, d’une croissance durable et d’une transformation numérique. L’étude KPMG Female Leaders Outlook 2025 conclut que les femmes cadres de la région ne se contentent pas d’être confiantes dans leurs perspectives de croissance, mais qu’elles redéfinissent activement la résilience des entreprises en équilibrant l’empathie humaine et l’ambition technologique.

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