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Retour à la lune: les défis rencontrés par Artemis II | National Geographic

by Thomas Caron

Publié le 26 septembre 2025 15:05:00. La mission Artemis II, prochaine étape du programme spatial américain, ne se contentera pas de faire le tour de la Lune : elle permettra de collecter des données biologiques cruciales sur les effets des radiations spatiales sur le corps humain, grâce à la fois aux astronautes et à des puces tissulaires 3D innovantes.

  • Artemis II permettra d’obtenir les premières données biologiques humaines sur l’exposition aux radiations de l’espace profond.
  • En plus des astronautes, la mission emportera des “avatars” de tissus humains en 3D pour étudier les effets des radiations sur des organes spécifiques.
  • L’observation de la surface lunaire par l’œil humain, même brève, pourrait apporter des informations scientifiques nouvelles et précieuses.

La NASA prépare activement la mission Artemis II, qui enverra un équipage de quatre astronautes autour de la Lune. Au-delà de l’exploit technique et de l’importance symbolique de ce vol, Artemis II représente une avancée majeure dans la compréhension des risques liés aux voyages spatiaux de longue durée, et notamment de l’impact des radiations sur la santé humaine. Selon Lisa Carnell, directrice de la division des sciences biologiques et physiques de la NASA,

« Artemis II nous permettra d’obtenir une partie des premières données biologiques humaines sur la radiation de l’espace profond. »

Lisa Carnell, directrice de la division des sciences biologiques et physiques de la NASA

C’est la première fois que des données pourront être recueillies sur des individus en bonne santé exposés à cet environnement hostile.

Pour compléter les observations sur les astronautes, la NASA a développé une technologie de pointe : des puces de tissus humains en 3D, surnommées “avatars”. Ces dispositifs, de la taille d’une clé USB, contiennent des cultures cellulaires cultivées pour reproduire la structure et la fonction de différents organes. “Il s’agit d’une mini réplique d’un organe humain”, explique Carnell. Ces puces sont capables de simuler des fonctions biologiques complexes, comme les battements cardiaques ou la respiration pulmonaire. L’une d’entre elles, un avatar de moelle osseuse – particulièrement sensible aux radiations – accompagnera l’équipage. L’objectif est de

« voir ce qui se passe dans un environnement avec radiation »

Lisa Carnell, directrice de la division des sciences biologiques et physiques de la NASA

et d’évaluer les dommages potentiels.

Les données collectées lors d’Artemis II serviront à élaborer des “kits médicaux personnalisés” pour chaque astronaute, afin de les protéger au mieux contre les effets néfastes des radiations. Cette approche individualisée est essentielle pour préparer les futures missions, notamment l’exploration de Mars.

Si la protection des astronautes est une priorité, Artemis II offrira également une occasion unique d’observer la Lune sous un angle nouveau. L’équipage pourra contempler des régions lunaires que l’homme n’a jamais vues auparavant, jusqu’à 60% de la face cachée de la Lune étant potentiellement inédite, selon Wiseman. De plus, l’orbite plus élevée d’Artemis II permettra une vue plus large de notre satellite. Cependant, le temps d’observation sera limité à trois heures. Kelsey Evans Young, directrice scientifique lunaire d’Artemis II, et son équipe s’efforcent de maximiser le potentiel scientifique de ce court laps de temps.

Noah Petro, qui a travaillé sur la Lunar Reconnaissance Orbiter (LRO) – une mission lancée en 2009 pour cartographier la surface lunaire – souligne l’importance de l’observation humaine. Même si la LRO a fourni des images détaillées de la Lune, Petro estime que

« Observer la lune étroitement avec les yeux humains pourrait fournir des connaissances scientifiques importantes. »

Noah Petro, scientifique de l’équipe Artemis

L’œil humain est capable de percevoir des nuances de couleur et de texture que les caméras peuvent manquer. “Chaque astronaute perçoit la lune différemment. Chaque globe oculaire humain est différent”, explique-t-il. “Nous avons quatre membres d’équipage qui participeront à Artemis II. Chacun d’eux peut détecter la couleur différemment.”

Les scientifiques ne s’attendent pas à des découvertes révolutionnaires immédiates. L’objectif principal est d’utiliser les perceptions des astronautes pour affiner l’interprétation des données existantes et guider les futures explorations. Comme le souligne Petro,

« Nous avons les données, mais ce sont les humains qui doivent les interpréter. »

Noah Petro, scientifique de l’équipe Artemis

En apportant des “yeux humains bien entraînés” sur la Lune, nous pourrons peut-être déceler des détails qui nous ont échappé jusqu’à présent.

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