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Trump autorise le déploiement des troupes à Portland

by Clara Dubois

Publié le 28 septembre 2025 à 15h17. Le président américain Donald Trump a autorisé le déploiement de troupes de la Garde nationale à Portland, dans l’Oregon, intensifiant ainsi sa politique controversée de lutte contre l’immigration et suscitant l’inquiétude des autorités locales.

  • Donald Trump autorise l’envoi de troupes à Portland, invoquant des menaces liées à l’immigration et à des groupes qu’il qualifie de “terroristes nationaux”.
  • La gouverneure de l’Oregon et le maire de Portland s’opposent fermement à ce déploiement, affirmant que la ville est capable de gérer ses propres problèmes de sécurité.
  • Cette décision s’inscrit dans une série de mesures prises par l’administration Trump pour militariser certaines villes et cibler les juridictions considérées comme “sanctuaires” pour les immigrants.

L’annonce du déploiement de la Garde nationale à Portland intervient après que le président Trump a déjà mobilisé des forces militaires à Los Angeles et à Washington. Il avait menacé d’agir à Portland début septembre, accusant la ville d’être ravagée par des affrontements et des attaques contre les services d’immigration.

Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, le président Trump a déclaré avoir répondu à une demande de la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, et avoir ordonné au secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, de fournir “toutes les troupes nécessaires pour protéger Portland, dévastée par la guerre” et les installations de l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), accusant les groupes “Antifa” et d’autres qu’il qualifie de “terroristes nationaux” d’être responsables d’attaques.

Il a également affirmé autoriser “l’utilisation de la force totale, si nécessaire”, sans préciser ce que cela impliquerait.

Le Pentagone a indiqué être “prêt à mobiliser du personnel militaire américain” et promettre de fournir des informations supplémentaires dès qu’elles seront disponibles.

La gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, a déclaré après un entretien téléphonique avec le président Trump qu’il n’avait fourni aucun détail ni calendrier concernant le déploiement. Elle a souligné que Portland et l’État de l’Oregon croient en l’État de droit et sont capables de gérer leurs propres besoins en matière de sécurité publique.

« Nous sommes en mesure de gérer nos besoins dans la sécurité publique locale. »

Tina Kotek, gouverneure de l’Oregon

Plus tôt, la gouverneure Kotek avait déclaré sur le réseau X qu’il n’existait aucune menace à la sécurité nationale à Portland.

Le maire de Portland, Keith Wilson, a également réagi en affirmant que le président Trump ne trouverait ni anarchie ni violence dans la ville, “à moins qu’il ne prévoie de les commettre lui-même”.

Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier, Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration illégale une priorité, dénonçant une “invasion” de “criminels étrangers”.

Ville “Sanctuaire”

Des manifestations et des actions contre les agents d’immigration ont eu lieu dans tout le pays, en particulier dans les juridictions considérées comme des “villes sanctuaires”, comme Portland. L’administration Trump a engagé des procédures judiciaires contre les États de l’Illinois, de New York et du Colorado, ainsi que contre les villes de Los Angeles et de Chicago, tous gouvernés par des démocrates.

La semaine dernière, un homme a ouvert le feu dans un centre de détention de l’ICE à Dallas, au Texas, tuant un détenu et en blessant gravement deux autres. Il s’agit de la troisième attaque en moins de trois mois dans cet État frontalier avec le Mexique.

Portland a été le théâtre de manifestations régulières devant un centre de détention de l’ICE, en raison de l’indignation suscitée par la politique d’immigration du gouvernement fédéral.

La ville avait déjà connu des affrontements lors du premier mandat de Trump (2017-2021), en marge des manifestations pour la justice raciale qui ont suivi la mort de George Floyd, un Afro-Américain tué par un policier blanc en mai 2020.

Lundi, en réponse au meurtre de l’activiste conservateur Charlie Kirk le 10 septembre, Donald Trump a signé un décret désignant le mouvement “Antifa”, qui regroupe des groupes antifascistes, comme une “organisation terroriste”.

“Sédition terroriste”

Cette désignation a suscité des inquiétudes parmi les critiques de Trump, qui craignent qu’elle ne soit utilisée pour réprimer toute forme de dissidence au nom de la sécurité nationale.

« Nous assistons à une sédition terroriste nationale contre le gouvernement fédéral. »

Stephen Miller, conseiller principal de Donald Trump

Stephen Miller a déclaré que “toutes les ressources nécessaires seront utilisées”.

Cette décision s’inscrit dans une série de mesures visant à militariser certaines villes du pays. Il y a deux semaines, Trump a autorisé le déploiement de la Garde nationale à Memphis, dans le Tennessee, en invoquant un problème de criminalité dans cette ville.

Memphis, une métropole à majorité noire, est dirigée par un maire démocrate, dans un État gouverné par un républicain.

Les membres de la Garde nationale sont des soldats de réserve formés pour intervenir en cas de catastrophe naturelle, mais ils peuvent également être déployés à l’étranger pour des opérations militaires.

Après le déploiement à Los Angeles en juin, où du personnel actif du corps des Marines avait également été envoyé, la Garde nationale a été mobilisée à Washington, la capitale fédérale, à la mi-août.

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