Publié le 28 septembre 2025 21h10. Des chercheurs de l’université de Stanford ont mis au point un virus conçu par intelligence artificielle, soulevant des inquiétudes quant à l’utilisation potentielle de l’IA dans la création d’armes biologiques. Cette avancée technologique, bien que limitée pour l’instant aux bactéries, met en lumière la nécessité d’une préparation accrue face à cette nouvelle menace.
- L’IA a été utilisée pour concevoir l’ADN d’un virus capable d’infecter et de tuer des bactéries E. coli.
- Seize des 302 virus conçus par l’IA se sont avérés fonctionnels, certains étant plus mortels que la souche naturelle.
- Des experts mettent en garde contre le risque que l’IA accélère le développement d’armes biologiques et soulignent l’importance de développer des contre-mesures.
La crainte que l’intelligence artificielle puisse être détournée pour créer des armes biologiques, notamment des virus, n’est pas nouvelle. Elle semble désormais prendre une forme concrète avec les travaux menés par une équipe de l’université de Stanford. Les chercheurs ont utilisé un modèle d’IA appelé Evo pour concevoir l’ADN d’un virus attaquant les bactéries.
Evo, entraîné sur des millions de séquences génomiques virales, a été appliqué à l’étude du virus PHIX174, connu pour infecter certaines souches de la bactérie E. coli. L’équipe a ainsi généré 302 séquences d’ADN potentielles pour de nouveaux virus dérivés de PHIX174. L’expérience a révélé que seize de ces séquences étaient effectivement fonctionnelles et capables de détruire des cultures d’E. coli. Plus inquiétant encore, certains de ces virus artificiels se sont avérés plus virulents que la forme naturelle de PHIX174.
Si l’expérience actuelle s’est limitée à des virus ciblant des bactéries, la question de l’extension de cette technologie à des virus dangereux pour les humains est au cœur des préoccupations. « Si l’IA réduit le temps nécessaire à la conception d’armes biologiques, les États-Unis devront accélérer le développement de contre-mesures », avertissent Tal Feldman, étudiante à la Yale Law School, et Jonathan Feldman, chercheur en informatique et biologie à Georgia Tech. Ils insistent sur la nécessité d’anticiper cette évolution :
« Nous ne sommes pas encore prêts pour un monde où l’intelligence artificielle peut créer un virus fonctionnel, mais nous devons l’être, car c’est le monde dans lequel nous vivons maintenant. »
Tal Feldman, étudiante à la Yale Law School et Jonathan Feldman, chercheur en informatique et biologie à Georgia Tech
Les deux experts préconisent l’utilisation de l’IA pour développer des défenses, notamment des anticorps, des agents antiviraux et des vaccins, afin de rester en avance sur cette menace émergente. La course à l’armement biologique, potentiellement accélérée par l’IA, exige une réponse proactive et innovante.
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