Home SantéQu’est-ce que le «Lewy Lean»? Signe de démence pire que la maladie d’Alzheimer

Qu’est-ce que le «Lewy Lean»? Signe de démence pire que la maladie d’Alzheimer

by Sophie Martin

Publié le 29 septembre 2025 20:47:00. Une inclinaison subtile du corps pourrait être un signe précoce de démence à corps de Lewy, une maladie neurodégénérative souvent méconnue et à progression rapide.

  • Près de 7 millions d’Américains sont atteints de démence, et la démence à corps de Lewy (DCL) est la troisième forme la plus courante.
  • Contrairement à la maladie d’Alzheimer, les personnes atteintes de DCL peuvent former de nouveaux souvenirs, mais éprouvent des difficultés à les retrouver.
  • Un symptôme distinctif, appelé « Lewy Lean », se manifeste par une inclinaison persistante du corps, pouvant précéder d’autres signes cliniques.

La démence, qui affecte progressivement la mémoire, les capacités de raisonnement et les fonctions quotidiennes, touche près de 7 millions d’Américains, selon les estimations. Si la maladie d’Alzheimer reste la forme la plus répandue, un autre type de déclin cognitif se distingue par un symptôme particulier, souvent négligé : la démence à corps de Lewy (DCL).

La DCL se caractérise par des anomalies dans le fonctionnement cérébral liées à la présence de dépôts de protéines appelés corps de Lewy. Contrairement à la maladie d’Alzheimer, où la perte de mémoire est souvent le premier signe, les personnes atteintes de DCL peuvent conserver la capacité de former de nouveaux souvenirs, mais rencontrent des difficultés à les rappeler.

« La DCL présente de nombreuses caractéristiques cliniques fondamentales qui la distinguent de la maladie d’Alzheimer »,

Dr Jonathan Fellows, Institut du Michigan pour les troubles neurologiques (l’esprit)

Les patients peuvent connaître des fluctuations cognitives, de vigilance et d’attention, qui varient d’un jour à l’autre, voire d’heure en heure. Un signe particulièrement révélateur, souvent observé par les proches, est ce que les spécialistes appellent le « Lewy Lean ».

« Le « Lewy Lean » est un terme utilisé pour décrire les problèmes de posture et d’équilibre associés à la DCL », explique le Dr Fellows. Ce symptôme peut se manifester par une inclinaison persistante d’un côté du corps, que la personne soit assise, debout ou en marchant, ainsi que par des difficultés à se tenir droit et un risque accru de chutes.

Bien que le « Lewy Lean » se manifeste généralement aux stades avancés de la maladie, sa présence doit inciter à consulter un professionnel de santé. La DCL progresse en moyenne plus rapidement que la maladie d’Alzheimer, avec un délai de survie d’environ 5 à 8 ans après le diagnostic, contre 8 à 10 ans pour la maladie d’Alzheimer.

Outre le « Lewy Lean », les personnes atteintes de DCL peuvent également présenter des hallucinations visuelles détaillées et des troubles du sommeil, notamment le trouble du comportement en sommeil paradoxal, caractérisé par des rêves vifs accompagnés de mouvements brusques et de paroles pendant le sommeil. Ce trouble peut précéder les symptômes cognitifs de plusieurs années.

Il n’existe actuellement aucun remède contre la DCL, mais des traitements peuvent aider à gérer les symptômes. Les approches thérapeutiques sont souvent similaires à celles utilisées pour la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, notamment les inhibiteurs de la cholinestérase (rivastigmine, donépézil) pour améliorer la cognition et réduire les hallucinations, et la lévodopa (Sinemet) pour traiter les symptômes moteurs. Les antipsychotiques atypiques peuvent être prescrits pour gérer les hallucinations, les délires et l’agitation, mais les antipsychotiques traditionnels doivent être évités en raison de leur potentiel à aggraver les symptômes de la DCL.

La mélatonine ou le clonazépam peuvent être utilisés pour traiter le trouble du comportement en sommeil paradoxal. Il est essentiel de discuter de toutes les options thérapeutiques avec un neurologue.

L’autopsie de l’acteur et comédien Robin Williams a révélé qu’il souffrait de DCL avant son décès par suicide en 2014. Plus d’informations sur le cas de Robin Williams.

De nombreux facteurs de risque peuvent contribuer au développement de la démence, notamment un faible niveau d’éducation, une perte auditive, une hypertension artérielle, le tabagisme, l’obésité, la dépression, le diabète, une consommation excessive d’alcool, des traumatismes crâniens, la pollution atmosphérique, l’isolement social, une perte de vision, un taux de cholestérol élevé, un mode de vie sédentaire et des troubles du sommeil. En savoir plus sur les facteurs de risque de la démence. Les dangers du tabagisme. Lien entre dépression et problèmes de mémoire. Prévention du diabète. Protection contre la pollution atmosphérique. Impact des troubles du sommeil sur la démence.

Une étude récente de l’Université du Michigan a révélé que des millions d’Américains présentent probablement des symptômes de démence sans avoir reçu de diagnostic formel, en partie parce qu’ils attribuent ces symptômes au vieillissement normal. Rapport de l’Université du Michigan.

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