Les marchés énergétiques semblent pour l’instant ignorer les menaces de tarifs douaniers supplémentaires brandies par l’ancien président américain Donald Trump contre la Russie, malgré une annonce jugée significative. Le prix du pétrole a même légèrement baissé hier, signe que les investisseurs ne misent pas sur la mise en œuvre de ces mesures.
Le prix du pétrole brut ICE a reculé de plus de 1,6 % hier, repassant sous la barre des 70 dollars américains (environ 64 euros) le baril, après que Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 100 % sur les importations russes si le président Poutine ne parvient pas à un accord pour mettre fin à la guerre en Ukraine dans les 50 jours.
L’absence de réaction immédiate et la conviction générale que ces menaces ne se concrétiseront pas expliquent en grande partie cette attitude du marché. Cependant, si Trump devait suivre ses paroles et que ces tarifs étaient effectivement appliqués, cela bouleverserait profondément les perspectives du marché pétrolier. La Russie exporte actuellement plus de 7 millions de barils par jour de pétrole brut et de produits raffinés. La Chine, l’Inde et la Turquie sont ses principaux acheteurs.
Ces pays devront évaluer les avantages d’acquérir du pétrole russe à prix réduit par rapport aux conséquences potentielles de sanctions sur leurs propres exportations vers les États-Unis. Une application effective de ces tarifs pourrait entraîner un déficit important sur le marché mondial, que la capacité de production excédentaire de l’OPEP ne suffirait pas à combler, ce qui provoquerait une forte hausse des prix. Néanmoins, compte tenu du désir affiché par Trump de maintenir des prix du pétrole bas, il est peu probable qu’il insiste sur cette menace.
Les données commerciales chinoises de juin révèlent une reprise des importations de pétrole brut, en hausse de plus de 7 % sur un an, atteignant 12,2 millions de barils par jour. Les importations cumulées depuis le début de l’année affichent une augmentation de 1,4 % par rapport à la même période l’année précédente. Cette augmentation en juin est probablement due à la remise en service de plusieurs raffineries après leur maintenance de printemps.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) publiera plus tard dans la journée son rapport mensuel sur le marché pétrolier. La semaine dernière, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a revu à la hausse ses prévisions de croissance de la demande pour cette année. L’OPEP, en revanche, maintient une perspective plus optimiste. Il sera donc intéressant de voir si l’organisation ajustera ses propres estimations à la baisse.
Cuivre : baisse des stocks sur le London Metal Exchange
Hier, les prix du cuivre sur le London Metal Exchange (LME) ont chuté à 9 600 dollars américains (environ 8 870 euros) en raison d’une forte diminution des demandes de retrait de cuivre des entrepôts du LME. Ces demandes ont diminué de 25 100 tonnes pour atteindre 15 875 tonnes, la baisse la plus importante depuis mars 2019. Cette diminution est principalement due à une réduction des stocks dans les ports de Gwanyang en Corée du Sud et à Taïwan.
Cette baisse intervient à l’approche de l’entrée en vigueur, le 1er août, d’un tarif de 50 % sur les importations de cuivre américaines. Il s’agit de la première fois que le cuivre sera soumis à des droits de douane aux États-Unis. En anticipation de cette mesure, les négociants ont transféré du métal des entrepôts mondiaux vers les États-Unis, ce qui a plus que doublé les stocks de cuivre enregistrés par le Comex au deuxième trimestre.
Les États-Unis dépendent des importations pour satisfaire leur consommation intérieure de cuivre. L’imminence de ces tarifs signifie que cette course à l’acheminement du métal vers les États-Unis est désormais terminée, ce qui devrait exercer une pression à la baisse sur les prix du LME, les acheteurs américains étant susceptibles de puiser dans leurs stocks existants.
Sucre : production de canne à sucre en baisse au Brésil
Le dernier rapport bimensuel de l’Association brésilienne de la canne à sucre et de la bioénergie (UNICA) indique que le broyage de la canne à sucre dans le centre-sud du Brésil s’est élevé à 42,7 millions de tonnes au cours de la deuxième moitié de juin, en baisse de 12,9 % par rapport à l’année précédente. Le broyage cumulé de canne à sucre pour la saison atteint 206,2 millions de tonnes, en baisse de 14,1 % sur un an. La production a également diminué de 13 % sur un an, atteignant 2,8 millions de tonnes au cours de la même période.
Environ 53,1 % de la canne a été allouée à la production de sucre au cours de la quinzaine, contre 49,9 % à la même période l’année dernière. La production cumulative de sucre s’élève à 12,2 millions de tonnes, en baisse de 14,3 % sur un an.
Les données douanières chinoises récentes montrent que les importations de sucre ont augmenté de 10,4 % sur un an, atteignant 12,3 millions de tonnes en juin, mais ont diminué de 12 % par rapport au mois précédent. Cette augmentation des importations sur un an est largement attribuable à une augmentation des expéditions en provenance du Brésil. Les importations cumulées de soja ont augmenté de 1,8 % sur un an, atteignant 49,4 millions de tonnes au cours du premier semestre.
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