Les marchés financiers sont à un tournant, avec des signaux contradictoires concernant les taux d’intérêt, la force du dollar américain et le risque de crédit. Les prochaines enchères de dette américaine et l’évolution des indicateurs économiques seront scrutées de près par les investisseurs.
L’attention se porte d’abord sur les enchères de bons du Trésor cette semaine. Une demande faible pourrait faire remonter les rendements à 10 ans au-dessus de 4,15 %, mettant fin à la tendance baissière observée depuis mi-juillet. Les investisseurs évalueront attentivement leur appétit pour la dette américaine à des taux plus bas, une vente aux enchères décevante pouvant signaler un changement de cap.
Parallèlement, l’indice du dollar montre des signes de reprise. Un franchissement du seuil de 99 confirmerait un schéma de double creux, renforçant les perspectives d’une monnaie américaine plus forte. Bien que cette hypothèse ne soit pas encore largement partagée, une divergence haussière entre l’indice et son indicateur de momentum (RSI) suggère une probabilité accrue.
L’évolution de la politique monétaire japonaise pourrait également influencer les marchés. L’élection récente et la nomination potentielle de Sana Takaichi, perçue comme plus accommodante en matière de politique budgétaire, pourraient affaiblir le yen et entraîner une hausse des taux d’intérêt japonais. L’absence de réaction du différentiel de taux entre le Japon et les États-Unis pourrait être un premier indice de cette évolution.
En Europe, les écarts de taux entre les obligations italiennes et allemandes commencent à se creuser, ce qui pourrait avoir des répercussions sur les marchés mondiaux. Alors que les taux italiens ont résisté à la hausse observée en France et en Allemagne, un potentiel retournement de tendance, suggérant une formation de figure en “tête et épaules inversée”, ne peut être exclu.
Aux États-Unis, l’élargissement des écarts de crédit à haut rendement, mesuré par l’indice Ice Bofa, est également un signal d’alerte. Une détérioration du marché du travail américain pourrait accentuer cette tendance, rendant les entreprises plus vulnérables. Cette sensibilité des actions aux variations des spreads de crédit est particulièrement préoccupante.
Certains acteurs du marché anticipent déjà cette détérioration du crédit, comme en témoignent les performances récentes d’entreprises comme Blackstone (NYSE: BX) et Apollo (NYSE: APO). Les dépenses massives en intelligence artificielle pourraient également finir par peser sur les entreprises les plus investies, notamment Meta (Nasdaq: META), dont l’évolution devra être surveillée de près.
À ne pas manquer
