Publié le 2025-10-10 08:36:00. Une étude récente révèle que l’exposition au monoxyde de carbone (CO) est plus fréquente qu’on ne le pense dans les foyers, même en l’absence de tabagisme, et que les appareils à gaz pourraient être une source importante de contamination, notamment chez les femmes enceintes.
- Des niveaux de CO supérieurs aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont été détectés dans plus de 5 % des foyers étudiés.
- L’utilisation de cuisinières et de chauffages à gaz est fortement corrélée à des pics de concentration de CO dans l’air intérieur.
- Les femmes enceintes issues de milieux socio-économiques défavorisés présentent un risque accru d’exposition au CO.
Une nouvelle étude a évalué les facteurs de risque environnementaux d’exposition au CO chez les femmes enceintes, en se concentrant sur les sources autres que le tabac. Si l’on connaît les dangers du tabagisme passif, l’étude met en lumière une contamination souvent silencieuse, liée à l’utilisation courante d’appareils à gaz dans les foyers.
Les chercheurs ont constaté que, bien que la plupart des foyers respectent les consignes de sécurité en vigueur, le CO est présent dans une majorité des habitations. Plus inquiétant, neuf foyers sur 161 dépassaient les seuils recommandés par l’OMS, avec des niveaux atteignant jusqu’à 10,4 ppm (parties par million) en moyenne, avec des pics à 33,5 ppm. Des concentrations supérieures à 4 ppm et 8 ppm ont été enregistrées respectivement dans un tiers et un sixième des foyers, soulignant la variabilité de l’exposition en fonction des sources d’émission.
L’étude a révélé une corrélation entre les niveaux de CO ambiants et l’utilisation de cuisinières à gaz, avec des pics de concentration en début de soirée et pendant la nuit. Ce constat suggère que les appareils à gaz, utilisés pour la cuisson et le chauffage, contribuent de manière significative à la pollution intérieure. Les niveaux de CO respiratoire, quant à eux, étaient liés au nombre de fumeurs dans le foyer, confirmant le rôle du tabagisme comme source d’exposition.
Des études antérieures menées au Royaume-Uni ont également mis en évidence la présence de CO dans les foyers, bien que les niveaux soient généralement inférieurs à ceux observés dans cette étude. Une recherche portant sur plus de 800 foyers n’a révélé aucun dépassement d’un seuil de 8,6 ppm, tandis qu’une autre, menée dans l’est de Londres auprès de 270 foyers, a montré que 18 % d’entre eux présentaient des niveaux de CO supérieurs aux recommandations de l’OMS de l’époque. Raw et al., 2004 et Croxford et al., 2005.
L’étude a également identifié des facteurs de risque liés à l’exposition au CO, notamment l’éligibilité aux aides sociales et le nombre de fumeurs dans le foyer. Ces résultats confirment d’autres études suggérant que les populations défavorisées sont plus exposées au CO, en raison notamment de la précarité énergétique. NEA, 2017.
Les chercheurs soulignent que les mesures de CO dans l’air expiré ne sont pas toujours corrélées aux niveaux de CO ambiants, ce qui suggère que ces tests ne sont efficaces que pour détecter des expositions importantes. De plus, l’exposition au CO en dehors du domicile n’a pas été prise en compte dans l’étude, ce qui pourrait avoir influencé les résultats. Il est également important de noter qu’il n’existe pas de relation simple entre l’exposition au CO et sa concentration dans l’organisme. Tikuisis, 1996.
L’exposition au CO est difficile à diagnostiquer en raison de ses symptômes non spécifiques (vertiges, nausées, maux de tête). Cependant, des études récentes suggèrent que même de faibles niveaux d’exposition peuvent avoir des effets néfastes sur la santé, en particulier chez les populations vulnérables telles que les fœtus en développement. Matias et al., 2024, Bendell et al., 2020, Wilson & Herigstad, 2024, Chang et al., 2014, Hedblad et al., 2005, Maheswaran et al., 2005, et Shah et al., 2013.
Les chercheurs recommandent d’améliorer la compréhension des facteurs de risque et de la prévalence de l’exposition au CO, ainsi que de sensibiliser le public aux dangers de ce gaz invisible. Ils soulignent également la nécessité de prendre en compte la ventilation des logements et la circulation à proximité lors des futures études.
Les limites de l’étude incluent le recrutement ciblé dans des hôpitaux desservant des populations défavorisées, ce qui pourrait biaiser les résultats, et l’absence de données sur les antécédents de tabagisme des participantes. Malgré ces limites, l’étude apporte des informations précieuses sur l’exposition au CO et ses facteurs de risque.
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