Publié le 12 octobre 2025 à 23h26. Un simple test sanguin réalisé à domicile, par prélèvement capillaire, pourrait permettre de dépister les risques cardiométaboliques chez les jeunes adultes, à condition d’être accompagné de conseils personnalisés et d’un suivi adapté.
- Une étude australienne a évalué la faisabilité de ce type de test chez des jeunes adultes âgés de 18 à 30 ans.
- Les résultats montrent que la collecte d’échantillons à domicile est possible, mais nécessite un accompagnement important pour garantir la qualité des prélèvements.
- Plus de 70 % des participants ont rencontré des difficultés lors du prélèvement sanguin.
La détection précoce des problèmes de santé cardiométabolique est cruciale pour prévenir les maladies cardiovasculaires, première cause de décès dans les pays à revenu élevé, dont l’Australie. Les jeunes adultes sont particulièrement concernés, car ils adoptent souvent des comportements à risque qui peuvent nuire à leur santé. Une nouvelle approche, basée sur un test simple et accessible, pourrait permettre d’identifier les personnes à risque et de leur proposer un accompagnement personnalisé.
Des chercheurs de l’Université Deakin en Australie ont récemment publié une étude dans la revue PLOS ONE, portant sur la faisabilité de la collecte de gouttes de sang séché (DBS) pour l’analyse du profil cardiométabolique chez les jeunes adultes. L’étude, nommée MyMeals, a recruté 506 participants entre avril et novembre 2022, tous résidents australiens âgés de 18 à 30 ans, ne suivant pas de régime végétarien ou végétalien et n’étant pas enceintes ou allaitantes.
Les participants ont reçu un kit de collecte DBS par courrier et ont été invités à prélever un échantillon de sang à jeun. Les échantillons devaient sécher à l’air pendant au moins trois heures avant d’être renvoyés au laboratoire pour analyse. Les analyses comprenaient le dosage du cholestérol total (TC), des triglycérides, de l’insuline, de l’hémoglobine glyquée (HbA1c), de la protéine C-réactive de haute sensibilité (hsCRP), des lipoprotéines de haute densité (HDL-C), des lipoprotéines de basse densité (LDL-C) et des lipoprotéines de très basse densité (VLDL-C). En cas de volume sanguin insuffisant, les analyses ont été priorisées, en commençant par l’HbA1c et le cholestérol HDL.
Les résultats ont montré que 366 participants sur 506 ont renvoyé un échantillon. Parmi ceux-ci, 69 % ont fourni un échantillon suffisant pour estimer au moins un marqueur cardiométabolique, et 46 % ont fourni suffisamment de sang pour mesurer les huit marqueurs analysés. 72 % des participants ayant renvoyé un échantillon ont signalé des difficultés lors du prélèvement, contre 38 % de ceux qui n’ont pas renvoyé d’échantillon.
Les principaux obstacles rencontrés par les participants étaient un manque de sang prélevé, un nombre insuffisant de lancettes (ce qui a conduit l’équipe de recherche à augmenter le nombre de lancettes fournies dans les kits au cours de l’étude), des difficultés à utiliser les lancettes, des températures basses et un sentiment de panique ou de dépassement. Les participants ayant renvoyé un échantillon adéquat pour toutes les mesures avaient en moyenne 23,8 ans et un indice de masse corporelle (IMC) de 26,5 kg/m².
L’étude a également révélé que les participants ayant renvoyé un échantillon adéquat étaient plus susceptibles d’être nés en Australie (83 %), d’avoir un niveau d’éducation élevé (56 %), de vivre dans des zones socio-économiquement favorisées (66 %) et de respecter les recommandations en matière de sommeil (78 %) et d’activité physique (66 %). 80 % d’entre eux ont déclaré avoir une bonne ou excellente santé, 7 % étaient fumeurs et 46 % avaient des antécédents de diabète ou de maladies cardiaques.
Les chercheurs ont noté un biais de réponse statistiquement significatif : les participants n’ayant pas renvoyé d’échantillon étaient plus susceptibles d’avoir un niveau d’éducation inférieur et d’être fumeurs. En moyenne, le cholestérol total était de 187,6 mg/dL, l’HbA1c de 4,94 %, le HDL-C de 39,7 mg/dL et le LDL-C de 128 mg/dL. La hsCRP médiane était de 0,6 mg/L, l’insuline de 7,93 μUI/mL et la VLDL-C de 18 mg/dL. Environ 74 % des participants présentaient un risque de développer au moins un marqueur cardiométabolique anormal. Les hommes étaient plus susceptibles que les femmes de présenter un risque élevé d’HbA1c, d’insuline et de troubles lipidiques, tandis que les femmes étaient plus à risque de hsCRP élevé.
Les auteurs concluent que la collecte de DBS auto-administrée est réalisable, mais que son succès dépend fortement d’un accompagnement personnalisé et proactif, ainsi que d’instructions claires et détaillées. Ils recommandent de mener des études pilotes pour affiner les procédures de collecte et de fournir suffisamment de lancettes dans les kits. Ils soulignent également que les résultats ne sont pas généralisables à l’ensemble de la population, car l’échantillon étudié était composé d’une proportion plus élevée de participants issus de milieux socio-économiques favorisés.
En résumé, cette étude confirme l’intérêt d’un dépistage précoce des risques cardiométaboliques chez les jeunes adultes, mais souligne la nécessité d’un soutien important pour garantir la qualité des prélèvements et l’adhésion des participants.
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