Publié le 13 octobre 2025 à 10h38. Une étude japonaise met en lumière les conséquences des fermetures d’écoles, même brèves, sur la réussite scolaire, en particulier chez les garçons issus de milieux défavorisés, tandis que la qualité de l’enseignement apparaît comme un facteur clé pour atténuer ces inégalités.
- Les fermetures de classes, même de courte durée, peuvent creuser les écarts d’apprentissage, notamment en mathématiques.
- Les garçons issus de familles à faible revenu sont les plus touchés par ces perturbations.
- La compétence des enseignants joue un rôle crucial dans la réduction de ces inégalités.
Des chercheurs ont analysé l’impact des fermetures d’écoles liées aux épidémies de grippe au Japon entre 2015 et 2017, afin de comprendre les mécanismes à l’œuvre dans les disparités d’apprentissage. Cette approche, privilégiant une “expérience naturelle” plutôt que les fermetures liées à la pandémie de COVID-19, permet d’isoler plus précisément les effets des interruptions scolaires.
L’étude, publiée dans le Journal des économies japonaises et internationales, s’appuie sur des données administratives concernant les élèves de la deuxième à la huitième année. Les résultats montrent qu’environ 9 % des élèves du primaire et 8 % des élèves du collège ont subi au moins une fermeture de classe, d’une durée moyenne de deux à trois jours, entre 2015 et 2017.
L’analyse révèle que les fermetures de classes ont un impact négatif sur les résultats en mathématiques des élèves du primaire, et plus particulièrement chez les garçons issus de ménages à faible revenu. L’écart de performance observé entre ces élèves et leurs camarades plus favorisés est significatif, avec une perte d’environ 0,06 à 0,13 d’écart type aux tests. Les garçons défavorisés présentent les baisses de performance les plus importantes, contrairement aux filles issues de milieux similaires.
Les chercheurs ont également constaté que l’impact négatif est plus marqué chez les élèves plus âgés du primaire (entre la quatrième et la sixième année). En revanche, les fermetures d’écoles n’affectent pas significativement les résultats en langues, suggérant que les perturbations scolaires ont principalement des conséquences sur l’apprentissage quantitatif. De manière surprenante, les filles issues de familles aisées ont même affiché de meilleurs résultats en langues l’année suivant la fermeture de l’école.
Le moment de la fermeture joue également un rôle important. Les fermetures survenant en fin d’année scolaire (décembre à mars) sont les plus préjudiciables, car les élèves ont moins de temps pour rattraper le retard accumulé. Ces effets négatifs peuvent persister jusqu’à deux ans, en particulier chez les garçons issus de milieux défavorisés et en mathématiques.
L’étude met en évidence des différences de comportement entre les élèves pendant les fermetures d’écoles. Les garçons, en particulier ceux ayant un niveau scolaire inférieur, sont plus susceptibles de passer leur temps à regarder la télévision ou à jouer aux jeux vidéo. À l’inverse, les élèves issus de familles plus riches ont tendance à maintenir une routine d’études structurée, tandis que les filles issues de milieux défavorisés se concentrent davantage sur le travail scolaire, ce qui se traduit par de meilleurs résultats en langues.
« Des enseignants de qualité pourraient atténuer l’impact négatif des fermetures de classes sur les élèves économiquement défavorisés, ce qui indiquerait le potentiel d’efficacité de programmes publics visant à éviter les perturbations temporaires des environnements d’apprentissage des étudiants. »
Auteurs de l’étude
En conclusion, cette recherche souligne la vulnérabilité particulière des garçons issus de familles à faible revenu face aux conséquences des fermetures d’écoles, notamment en mathématiques. Les résultats suggèrent que la qualité de l’enseignement est un facteur déterminant pour atténuer ces inégalités et protéger la réussite scolaire des élèves les plus défavorisés. Ces conclusions renforcent l’importance de politiques publiques visant à préserver la continuité de l’apprentissage et à soutenir les élèves confrontés à des perturbations scolaires.
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