Belém, au Brésil, accueillera la COP30 en novembre 2025, mais des organisations de défense des droits humains tirent déjà la sonnette d’alarme concernant la transparence de l’organisation et le respect des libertés fondamentales. La publication de l’accord entre le gouvernement brésilien et la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été saluée, mais reste source de préoccupations.
Amnesty International, ainsi que 34 autres organisations, se félicitent de la publication de cet accord sur le site web de la CCNUCC, une avancée obtenue grâce aux pressions de la société civile. « Les efforts de la société civile pour assurer la transparence dans les accords avec les pays hôtes signés avant la grande conférence des Nations Unies sur le climat ont porté leurs fruits », a déclaré Ann Harrison, conseillère politique en matière de justice climatique à Amnesty International.
L’accord prévoit notamment un engagement à respecter les droits humains de tous les participants et à garantir une organisation inclusive et non discriminatoire. Cependant, Amnesty International souligne l’absence de garanties explicites concernant le respect des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique en dehors de la zone sécurisée de la conférence, pour toute personne souhaitant exprimer son opinion.
L’organisation exprime également son inquiétude quant à un possible affaiblissement des règles relatives au parrainage de l’événement. Cela pourrait permettre aux entreprises du secteur des combustibles fossiles, dont les activités sont contraires aux objectifs de la CCNUCC et de l’Accord de Paris, d’exercer une influence excessive sur les décisions. Amnesty International demande que tous les parrainages et partenariats soient rendus publics sans délai.
Par ailleurs, l’accessibilité financière de la COP30 à Belém est remise en question. Malgré une clause prévoyant une telle accessibilité (article 7 de l’accord), les prix de l’hébergement restent prohibitifs pour de nombreux représentants de la société civile, d’organisations d’observation et des peuples autochtones, menaçant ainsi leur participation.
Amnesty International appelle le Secrétariat de la CCNUCC à mettre en place un cadre de responsabilité clair, incluant une politique de conflits d’intérêts, qui sera intégré dans les futurs accords avec les pays hôtes. L’organisation rappelle que l’accord avec le pays hôte (HCA) est un document juridique définissant les conditions d’organisation de la conférence, et qu’il est essentiel qu’il soit examiné attentivement pour garantir la protection de l’espace civique.
La publication de cet accord intervient après des années de revendications de la société civile pour plus de transparence. L’accord de la COP29, par exemple, n’a jamais été officiellement rendu public.
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