Publié le 20 octobre 2024 à 05h26. Deux ans après les attentats du 7 octobre, l’équipe médicale du centre Hadassah continue d’accompagner les victimes dans un long processus de guérison physique et psychologique, marqué par des étapes cruciales pour retrouver une vie normale.
Si l’afflux initial de blessés a diminué, le centre médical Hadassah à Jérusalem est toujours mobilisé pour prendre en charge les conséquences à long terme des traumatismes subis lors des attaques du Hamas. Le Dr Sheer Shabat Ben-Yehuda, interne en réadaptation, explique :
« Actuellement, deux ans après le début du conflit, nous ne voyons pas autant de nouveaux patients et soldats blessés. Cependant, nous continuons à soigner ceux que nous avons accueillis au cours des deux dernières années, qui souffrent encore de limitations physiques, de détresse émotionnelle et de douleurs chroniques. »
Pour ces patients, le rétablissement ne se limite pas à la guérison des blessures physiques. Il s’agit d’un cheminement complexe, jalonné d’épreuves et de défis, comme le retour au travail, la reprise du service militaire ou la poursuite des études. Le Dr Ben-Yehuda souligne l’importance de ces « carrefours cruciaux » dans le processus de reconstruction.
L’hôpital Hadassah a dû s’adapter rapidement face à l’ampleur du traumatisme, se souvient le Dr Yonah Ofran, du département de médecine physique et de réadaptation.
« Au début, à l’hôpital et dans l’ensemble de la société israélienne, nous avons dû réagir très vite au traumatisme, alors que nous étions nous-mêmes traumatisés. »
Pour améliorer sa capacité d’accueil, l’équipe Hadassah a déménagé au centre de réadaptation de Gandel, inauguré en 2024. Ce nouvel établissement a permis de tripler le nombre de lits disponibles. Grâce à ce centre, Hadassah peut désormais proposer une gamme plus étendue de thérapies, incluant la thérapie assistée par des chiens, l’acupuncture, le yoga et des séances de soutien psychologique pour les patients et leurs familles.
Le Dr Yoram Weil, directeur de l’unité de traumatologie orthopédique à Hadassah Ein Kerem, insiste sur la priorité donnée au sauvetage des membres.
« La majorité des blessures concernent le squelette, environ 80 % des victimes. Nous avons réussi à sauver de nombreux membres. Notre taux d’amputation a été l’un des plus faibles du pays. »
Ce succès est attribué à l’utilisation de nouvelles technologies, notamment l’impression 3D, et à une étroite collaboration entre les équipes médicales et de réadaptation. Chaque membre de l’équipe cite des histoires de résilience qui témoignent de la force de l’esprit humain.
Le Dr Ben-Yehuda raconte l’histoire d’un soldat grièvement blessé au Liban :
« Il ne pouvait pas communiquer. Il ne pouvait pas marcher. Il criait de douleur. Petit à petit… il marche, il communique, il nous fait tous rire. Il y a quelques semaines à peine, il s’est marié avec l’amour de sa vie. Toute l’équipe de réadaptation a eu le privilège de danser avec lui lors de son mariage. »
Un moment particulièrement émouvant, qui, selon elle, donne à toute l’équipe la force de poursuivre sa mission.
Pour revoir l’intégralité de la discussion avec l’équipe Hadassah, cliquez ici.
7 octobre Hadassah
(ILTV)
À ne pas manquer


